samedi 3 décembre 2016

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Le diabète explose en France : 2 fois plus de diabétiques dans les Dom-Tom qu’en métropole

L’institut national de veille sanitaire publie un état de la maladie diabétique en France : la situation apparaît pour le moins hors de contrôle. L’incidence du diabète, c’est à dire le nombre de nouveaux patients diagnostiqués diabétiques était déjà en croissance de +27% chez les hommes et +14% chez les femmes entre 2000 et 2006. Cette avancée du diabète touche plus les hommes que les femmes, les personnes de 64 à 75 ans, ainsi que certaines régions telles que le Nord est de la France et les dom-tom. Les professions les plus touchées sont les commerçants, les salariés agricoles et les artisans.

En 2009, on évalue à presque 3 millions le nombre de diabétiques en France soit 3,3% de la population totale. Elle est plus fréquente chez l’homme (6,4% de la population masculine) que chez la femme (4,5% de la population féminine). Dans les dom tom, la situation est deux fois plus dramatique qu’en métropole avec un presque doublement de ces chiffres : le record est atteint à l’île de la Réunion, avec 7% des hommes et 9,6% des femmes diagnostiquées diabétiques.

Les régions les plus touchées en France sont le Nord-Pas-de-Calais,(5,4%), la Picardie (5,3%), la Champagne-Ardennes (5%) et l’Alsace (5%). En île de France, la Seine Saint-Denis et le Val d’Oise font parti également des records nationaux en nombre de patients diabétiques avec respectivement 5,8% et 5,1%.

Le diabète n’apparaît pas par hasard. L’étude confirme les principaux facteurs de risque reconnus de la maladie. En particulier la surcharge pondérale, l’obésité, et le manque d’activité physique, des facteurs de risque pourtant modifiables. Avec 41% des hommes et 26% des femmes en surcharge pondérale, auxquels il faut ajouter 16% des hommes et 18% des femmes actuellement obèses, le diabète va continuer à progresser à grand pas.

Le diabète réduit la durée de vie. L’âge moyen de décès d’un patient diabétique est de 78 ans, 81 ans chez la femme et 75 ans chez l’homme. Dans les Dom-Tom, l’âge moyen de décès est encore plus précoce avec 71 ans chez la femme et 77 ans chez l’homme. Certaines pathologies comme les maladies cardiovasculaires sont augmentées en cas de diabète. Cet effet se retrouve au sein des causes de décès. Le risque de surmortalité par maladie ischémique du cœur est multiplié par 2,2 chez un diabétique, le risque de décès d’un accident vasculaire cérébral est multiplié par 1,7, celui d’une insuffisance hépatique de 1,17, d’une septicémie de 1,5, d’un cancer de 1,3.

La pauvreté joue aussi un rôle, favorisant à la fois l’obésité et le diabète, de part de mauvaises habitudes alimentaires ? (l’achat de produits plus riches en graisses ? fréquence des fast-foods ? Alcool ? Ces données n’apparaissent pas dans l’étude). Les femmes ouvrières, employées ou n’ayant jamais travaillé ont un risque de diabète multiplié par 2 à 3 par rapport à une femme cadre, les ouvriers hommes, un risque multiplié par 2 par rapport à un homme cadre. La génétique peut aussi rentrer en ligne de compte, comme c’est d’ailleurs probable dans les Dom-Tom. En métropole, les femmes d’origine maghrébine ont un risque de diabète deux fois supérieur aux femmes d’origine française (un terme cependant un peu vague).

Quelles conclusions tirer de ce triste bilan ? Les gains d’espérance de vie obtenus difficilement au cours des 50 dernières années disparaissent chez les personnes touchées par un diabète. Cette pathologie, souvent précédée d’un lent processus de surpoids puis d’obésité, fini par entraîner de multiples pathologies aboutissant à un décès précoce, « Manger tue !». Le traitement des patients diabétiques accroît actuellement les dépenses de santé de 1 milliard d’euros par an. Si ces dépenses paraissent inexorables sur les prochaines années, que font les responsables de la santé publique pour enrayer le phénomène du surpoids et de l’obésité qui déjà touchent les enfants ? Quel budget est investi dans la prévention ? Et ce n’est pas la phrase sibylline « manger, bouger » cordialement accordée par les industriels de l’alimentation grasse et sucrée en bas de leur publicité qui risque d’inverser la tendance actuelle.

Source

Prévalence et incidence du diabète, et mortalité liée au diabète en France
Synthèse épidémiologique
INVS novembre 2010

Crédit Photo Creative Commons by digiyesica

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