mardi 27 septembre 2016

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Les bonnes performances scolaires prédisent-elle une vie sexuelle épanouie?

Plusieurs facteurs influencent la réussite scolaire. Si la plus importante est la capacité intellectuelle de l’enfant, sa motivation, sa personnalité, les encouragements parentaux jouent aussi un rôle. D’autres facteurs parfois ignorés tels que le poids de naissance influence aussi le développement cognitif et donc les performances scolaires. On citera encore, la composition familiale, et la situation socio-économique de la famille.

Dans de nombreuses sociétés, les bonnes performances scolaires ouvrent les portes des meilleures écoles ou universités et donne accès à un niveau socio-économique élevé qui lui-même influence la santé et la durée de survie d”un individu.

Un niveau d’éducation important et une bonne situation économique sont également associés à la capacité de reproduction, même si des variables existent en fonction des époques. En effet, si il existait par exemple une corrélation importante entre le nombre de descendants et le niveau socio-économique, cela est moins vrai dans le monde moderne. Typiquement, La femme du XXe siècle, qui a fait des bonnes études, et qui a obtenue une bonne position économique, a en revanche fait des enfants tardivement et n’a eu que peu de descendants.

Ces aspects de fertilité et de mortalité influencent la sélection naturelle, c’est à dire la capacité d’un individu à contribuer génétiquement aux populations futures. Les performances scolaires pourraient-elles donc influencer la vie sexuelle des individus au XXIe siècle? Les capacités intellectuelles pourraient-elles être une composante influençant la sélection sexuelle? L’hypothèse que cette sélection sexuelle, basée sur la recherche de l’intelligence, ait joué un rôle dans la sélection de l’évolution de l’homme, l’espèce jugée la plus intelligente aujourd’hui, a déjà été formulée. D’ailleurs, une étude menée chez 10 000 individus de 33 pays a montré que l’intelligence arrive en second rang des critères essentiels pour trouver un partenaire sexuel.

Une question importante reste donc à trancher. Est-ce que les individus qui réussissent à l’école auront plus de succès sexuels, et parviendront à un taux de reproduction plus élevé?

Une étude a donc été mené à partir d’un groupe de 10 107 enfants suédois, nés entre 1915 et 1929 et suivi toute leur vie. Le groupe comprenait 5244 hommes et 4863 femmes. Leur performances scolaires ont  été évaluées selon 3 critères : les notes obtenues en CM2, l’âge de l’enfant lorsqu’il atteignait le CM2 et la capacité de lecture. Les scientifiques ont également évalué leur niveau d’éducation atteint en 1960 et leurs revenus financiers en 1970.

En 2002, les 10107 totalisaient 18 452 enfants et 34 089 petits-enfants. 21% des hommes n’avaient jamais eu d’enfant contre 17,5% des femmes du groupe initial. Parmi les survivants en 1950, 89,7% des hommes s’étaient mariés et 92,7% des femmes.

Les performances scolaires n’ont pas influencé beaucoup la capacité à trouver un conjoint ni à avoir une descendance sauf chez ceux qui avaient des difficultés de lecture ou qui avaient 2 années de retard en CM2 : un quart de ces enfants ne se sont jamais mariés contre moins de 10% de ceux qui n’avaient pas présenté ces difficultés scolaires.

Les individus qui avaient les plus mauvais résultats scolaires avaient aussi moins d’enfants et moins de petits-enfants, une caractéristique surtout retrouvé chez les garçons.

L’influence des performances scolaires sur le mariage était considérablement lié à la position socio-économique. Un garçon gagnant en 1970 45 000 couronnes suédoises, avait ainsi 21 fois plus de chance de se marier qu’un autre gagnant 15 000 couronnes : “Cela suggère que ce n’est peut-être pas la préférence de la femme pour l’intelligence de l’homme qui augmente la chance de mariage des hommes les plus intelligents, mais la préférence de la femme pour les plus hauts revenus disponibles parmi les hommes les plus intelligents”. Cette interprétation se retrouve dans d’autres études montrant que si hommes et femmes citent l’intelligence comme un critère important dans le choix de leur partenaire sexuel, le statut social et la santé sont des critères plus importants pour la femme que pour l’homme.

Ainsi, globalement, pour le groupe des 10 107 enfants, la sélection sexuelle par l’intelligence n’a pas joué un rôle majeur que ce soit pour les femmes ou pour les homme sauf pour ceux qui avaient vraiment les pires résultats scolaires.

Source

The effect of school performance upon marriage and long term reproductive success in 10 000 swedish males and females born 1915-1929
Anna Goodmann, Ilona Koupil
Evolution and human behavior Volume 31, Issue 6, P 425-435

Crédit Photo Creative Commons by Ferdi’s – World

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