vendredi 30 septembre 2016

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Un cachet d’aspirine par jour réduit jusqu’à 50% le risque de nombreux cancers

Une étude anglaise publiée dans la grande revue médicale The Lancet démontre que la prise d’un cachet d’apirine par jour pendant au moins 5 ans, permet de réduire de manière significative et importante le risque de survenue de nombreux cancers.

Il avait déjà été démontré qu’une aspirine quotidienne pendant 5 ans réduit le risque de cancer du colon. Peut-être peut-elle aussi réduire le risque d’autres cancers, en particuliers gastro-intestinaux, mais là les preuves ne sont pas encore formelles.
La présente étude a été faite à partir des données existantes de plusieurs grands essais thérapeutiques réalisés pour vérifier l’efficacité de l’aspirine dans la prévention des complications d’ordre vasculaires, comme les accidents vasculaires cérébraux ou les infarctus du myocarde. Dans ces études, un groupe de participants prenaient de l’aspirine, l’autre non.
Au total, les scientifiques ont pu colliger 25 570 patients dont 674 sont décédés des suites d’un cancer. ils démontrent que la prise d’aspirine réduit globalement le risque de décès par cancer de 21%, une réduction très significative.
En effectuant une seconde analyse, patient par patient, sur 23 535 participants à ces essais, ils retrouve que le bénéfice apparait après 5 années de prise d’aspirine et produit une réduction de 34% de l’ensemble des cancers, et de 54% des cancers gastro-intestinaux.
Sur une durée de 20 années, le risque de décès par cancer reste plus faible chez les patients ayant pris de l’aspirine, avec une baisse globale de 20% et de 35% des cancers gastrointestinaux.
Le bénéfice est d’autant plus élevé que la durée de prise d’aspirine a été prolongée.
L’effet bénéfique de l’aspirine apparaît au bout de 5 ans pour la réduction des cancers de l’oesophage, du pancréas, du cerveau et des poumons, mais est plus tardif pour la réduction des cancers de l’estomac, du colon et de la prostate.
Cet effet est indépendant de la dose d’aspirine, 75 mg étant suffisant. Il est le même chez les fumeurs, les hommes et les femmes, et s’accroit avec l’âge.

Les adultes qui commenceraient à prendre de l’aspirine vers 45-50 ans pour une durée de 20 à 30 ans, auraient selon les auteurs le plus de bénéfice à en attendre, parce que le risque de cancer augmente avec l’âge. En plus l’aspirine a un intérêt dans la prévention des complications des maladies cardiovasculaires.

L’aspirine est un médicament dont l’effet secondaire le plus redouté est le saignement, en particulier s’il s’agit d’un saignement gastrique ou cérébral. C’est pourquoi la prise d’aspirine ne doit être réalisée que sous prescription et contrôle médical (certaines personnes peuvent être allergiques à l’aspirine).

Cependant, pour le Professor Peter Rothwell, qui a publié cette étude, si des anciennes recommandations mettaient effectivement en garde contre le fait que les risques de saignements ne dépassent pas les bénéfices attendus dans la prévention des accidents vasculaires cérébraux et des infarctus, la réduction importante apportée dans la prévention de plusieurs cancers fait que le bénéfice dépasse aujourd’hui largement le risque. Environ 1 personne sur 1000 qui prend de l’aspirine risque une hémorragie digestive. Un des auteurs de l’étude conseille même de prendre son aspirine avec un verre de lait au coucher.

Source

Effect of daily aspirin on long-term risk of death due to cancer: analysis of individual patient data from randomised trials
Peter M Rothwell, F Gerald R Fowkes, Jill FF Belch, Hisao Ogawa,  Charles P Warlow, Tom W Meade
The Lancet, Early Online Publication, 7 December 2010

Crédit Photo Cretive Commons by Old Photographs Archive Spain

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