samedi 3 décembre 2016

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100 néonaticides par an en France

Plusieurs néonaticides, le fait de tuer un nouveau-né de moins d’un jour, ont recemment défrayé la chronique, comme la découverte de 8 corps de nouveau-nés en juillet dernier dans le Nord de la France. Nul ne sait réellement combien de néonaticides ont lieu chque année en France.Pour tenter d’évaluer, des cherchers de l’INSERM de Villejuif ont mené une étude au sein de 26 tribunaux de trois régions françaises, la Bretagne, l’Ile-de-France, et le Nord-Pas-de-Calais.

Ces 3 régions couvrent 34,6% du total des naissances en France. Les scientifiques ont concidéré les cas d’enfants décédés dans leur premier jour de vie et pour lesquels le décès a été suivi d”une plainte par le procureur de la république, et cela de 1996 à 2007.

Au total, 27 cas de néonaticides ont été analysés. 17 mères ont été identifiées. Selon les résultats de l’étude, près de 2,1 décès pour 100 000 naissances seraient liés à un acte de néonaticide soit 6 fois plus que ne le laissait supposer jusqu’à là les statistiques officielles. C’est la mère qui le commet. Un tiers d’entres elles ont déjà au moins 3 enfants au moment où elles tuent leur nouveau-né. La moitié vit avec le père de l’enfant à ce moment. Chez ces mères, âgée en moyenne de 26 ans, les analyses psychiatriques retrouvent des femmes ayant une faible estime d’elles-mêmes, souvent immatures et dépendantes, en carence affective mais qui ne présentent pas de véritable pathologie psychiatrique. Elles ne diffèrent pas de la populaion féminine en générale en ce qui concerne leur activité professionnelles, deux tiers d’entres elles avaient un travail. Aucun cas de “déni de grossesse” n’a été retrouvé. Ces femmes n’utilisaient pas de méthode contraceptives.

Les auteurs estiment que près de 100 néonaticides seraient commis chaque année en France, un chiffre considérable. Ces femmes, incapables de prendre seule un décision, se retrouve face à un problème pour elles insoluble, avoir un nouvel enfant alors que souvent le père n’en veut plus. Le néonaticide reste alors la seule option qu’elles trouvent. Si les services sociaux étaient performants, l’identification du profil sociologique de ces femmes en souffrance pourrait peut-être permettre d’encourager la contraception et de prévenir cet acte terrible.

Source

A population-based survey of neonaticides using judicial data

Anne Tursz, Jon M Cook
Arch Dis Child Fetal Neonatal Ed fetalneonatal192278Published Online First: 6 December 2010 doi:10.1136/adc.2010.192278

Crédit Photo Creative Commons by Etolane

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