Samedi 1 novembre 2014

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Fécondation in vitro : Le bisphénol A réduit la qualité des ovules chez la femme

L’effet du bisphénol A, un disrupteur endocrinien présents dans de nombreux emballages alimentaires (bouteilles d’eau, canettes, boites de conserve, plats surgelés…) et contaminant de nombreux aliments, par le biais desquels il pénètre l’organisme, a été reconnu responsable par plusieurs études d’avoir un effet délétère sur la masculinité des foetus. Il peut même altérer la qualité du sperme chez l’adulte mâle.

C’est la première fois qu’une étude démontre que le bisphénol A a également un effet délétère sur les ovules, compromettant notamment la qualité des ovules lorsqu’ils sont utilisés pour une fécondation in vitro.

L’étude, menée par l’Université de Californie démontre que le bisphénol A altère la qualité des ovules. Cet effet du bisphénol a pu être mis en évidence au cours de tentatives de fécondation in vitro. Le bisphénol A a été mesuré chez 26 femmes bénéficiant d’une FIV. Ces femmes faisaient partie d’un groupe plus important participant à une grande étude sur l’effet des toxiques sur la fertilité et qui testait également les conséquences de la contamination des femmes par le cadmium,  le plomb, le mercure…

Chez ces femmes, plus le taux sanguin de bisphénol A était élevé, moins la fécondation in vitro réussissait. Ainsi pour un doublement du taux sanguin de bisphénol A, les échecs de fécondation in vitro augmentaient de 50%.

“Bien que préliminaires, ces résultats montre l’effet négatif du bisphénol A sur la fertilité et la nécessité d’attribuer plus de fond à la recherche pour déterminer pourquoi ces toxiques contaminants produisent cet effet ” explique  Victor Y. Fujimoto, l’auteur principal de l’étude.

Etant donné la diffusion massive du bisphénol A dans l’environnement, même un effet modeste sur la reproduction devient un problème de santé publique par l’ampleur de la population contaminée, souvent proche de 95-100% dans les pays développés.

Des études précédentes menées chez des rongeurs avaient montré que le bisphénol A modifiait l’ADN présent dans les ovules. Une autre étude menée chez des femmes montrait que plus la concentration urinaire du bisphénol était élevé, plus le nombre d’oeufs récupérés pendant un cycle de fécondation in vitro était faible.

Les femmes désirant bénéficier d’une fécondation in vitro devraient donc prendre des précausion afin d’éviter autant que possible l’absorption de bisphénol A.

S’il en était véritablement besoin, cette étude montre que la décision de l’Union Européenne de suspendre les biberons contenant du bisphénol A est non seulement tardive et incomplète mais que dorénavant, l’ensemble de la population et non pas seulement les nourrissons se nourrissant au biberon, devrait être protégée du bisphénol A.

Source

Serum unconjugated bisphenol A concentrations in women may adversely influence oocyte quality during in vitro fertilization
Victor Y. Fujimoto, Dongsul Kim, Frederick S. vom Saal, Julie D. Lamb, Julia A. Taylor, Michael S. Bloom

Crédit Photo Creative Commons by zetson

http://prhe.ucsf.edu/prhe/toxicmatters.html

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