samedi 3 décembre 2016

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La boxe, c’est mauvais pour le cerveau

La boxe connaît ces dernières années un regain d’intérêt auprès du public, ce qui n’a pas été accompagné d’une discussion critique sur les conséquences de ce sport sur la santé. Or plus de 20% des boxers professionnels développeront des séquelles neuropsychiatriques. Quelles sont celles liées à des événement aiguës? Quelles sont celles survenant au long cours? Des scientifiques de l’université de Munich ont mené l’une des plus grande étude réalisée dans le milieu de la boxe pour répondre à ces questions.

Le Knock-Out est la conséquence la plus brutale de la boxe. Au niveau cérébral, le knock-out traduit une commotion cérébrale. Mais au décours d’un knock-out, peuvent persister des maux de tête, un déficit auditif, des nausées, une instabilité de l’équilibre et des troubles de la mémoire. Si le nombre de décès sur le ring a été réduit, les boxers s’exposent toujours à des blessures aigües de la tête, du coeur et du squelette. Les déficits cognitifs après un traumatisme cérébral sont ressentis très longtemps par les boxers. En fonction des blessures reçues, les conséquences à court terme et à long terme, sont surtout une réduction de la capacité cérébrale. Les atteintes des neurones cérébraux sont proportionnels au nombre et à la sévérité des coups reçus à la tête. 20% à 30% des boxers développent des troubles neuropsychiatriques au cours ou au décours de leur carrières. La répétition des traumatismes cérébraux, qui s’accumulent au fil d’une carrière, peut aller jusqu’à provoquer un démence cérébrale particulière dénommée dementia pugilistica, qui est neurobiologiquement comparable à une maladie d’Alzheimer.

En terme de risque pour la santé, il existe une grande différence entre les boxeurs amateurs et les boxeurs professionnels. Les boxers amateurs sont examinés médicalement au moins une fois par an et avant chaque match, alors que les boxers professionnels se préparent à leurs combat le plus souvent en dehors de ce type de contrôles médicaux. Par ailleurs le port des casques en mousse ont permis de réduire de manière importante les atteintes cérébrales chez les amateurs. Un même bénéfice pourrait être obtenus chez les boxeurs professionnels. Les auteurs préconisent un suivi médical plus astreignant des boxeurs professionnels et l’obligation du port du casque.

Source

Boxing—Acute Complications and Late Sequelae
Hans Förstl, Christian Haass, Bernhard Hemmer, Bernhard Meyer, Martin Halle
Dtsch Arztebl Int 2010; 107(47): 835–9

Crédit Photo Creative Commons by World Series Boxing

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