mercredi 28 septembre 2016

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Bilan d’extension d’un cancer : il faut 29 jours pour obtenir un rendez-vous d’IRM

Selon une enquête de l’INCA (Institut National du Cancer), le délai moyen d’obtention d’un rendez-vous pour passer une IRM dans le cadre d’un bilan d’extention d’un cancer est estimé à 29 jours en 2010, soit trois fois plus que ne l’avait promis le plan cancer.

On ne parle pas là d’un IRM pour une lésion bénigne mais bien pour un bilan d’extension d’un cancer, en sachant qu’en 1 mois, une tumeur peut évoluer beaucoup. Un des premiers objectifs du premier plan Cancer était justement de réduire le délai d’attente à 10 jours en 2010. C’est donc un échec important d’un des premier objectif du plan, qui plus est révélateur de promesses politiques intenables.

L’Inca a mené cette enquête dans le cadre d’un bilan d’extension d’un cancer du sein, de l’utérus et de la prostate. Elle a été réalisée en juin. Au total, 541 centres d’imagerie disposant d’une IRM ont été contactés par téléphone. Les appelants mystères demandaient un rendez-vous le plus tôt possible pour un membre de sa famille, en précisant clairement le but de l’IRM.

Le délai moyen d’obtention d’une date de rendez-vous était de 29 jours lorsque les centres appelés acceptaient de fixer un rendez-vous (37,3% des appels). Seuls 22% des centres fixant un rendez-vous pouvaient le faire en moins de deux semaines.

Le délai variait selon le type de cancer (27 jours pour un cancer du sein, 28 pour un cancer de l’utérus et 31 jours pour un cancer de la prostate) et le statut du centre d’imagerie avec 25 jours dans le secteur privé et 35 jours dans le secteur public (CHU, CHRU, CH, ESPIC).

Les délais d’attente différaient aussi selon les régions, sans qu’une corrélation puisse être établie entre les délais proposés et la densité d’IRM dans la région. Quatre régions proposaient un délai moyen supérieur à 45 jours (Auvergne, Basse-Normandie, Limousin et Poitou-Charentes), tandis que l’Ile-de-France, la Picardie, la Guadeloupe et la Réunion proposaient des délais d’attente plus courts que la moyenne nationale avec plus de 80% des appels débouchant sur des prises de rendez-vous dans le mois qui suivait.

L’enquête de l’Inca n’analyse pas les causes de cet échec du plan cancer ni les moyens pour y remédier rapidement signe que ce délai de 30 jours risque de persister un long moment. Alors pourquoi ces délais ? Peut-être parce que le parc national d’IRM est en fait très pauvre, peut-être également parce qu’aucune gestion prioritaires des IRM en fonction de la pathologie n’est mise en place, peut-être encore parce que les standardistes ne sont pas formées à comprendre où à reconnaitre l’urgence de diifférentes pathologies.  La France possède, proportionnellement à sa population, deux fois moins d’IRM que ses voisins, une situation  en particulier dramatique dans le secteur public qui perdure faute de moyens financiers ou faute de rationalisation financière?

Cette enquête sera renouvelée en 2011, ainsi qu’en 2012, précise l’Inca. Una autre enquète sur les délais de prise en charge des cancers du sein et du poumon sera menée dans huit régions en 2011 puis en 2010 sur les délais de prise en charge des cancers du côlon et de la prostate. Là encore, que changeront d’éventuels résultats négatifs de ces études ?

Source

Délais d’attente pour une IRM dans le cadre d’un bilan d’extension : premiers résultats
Institut National du Cancer, 22 décembre 2010

Crédit Photo Creative Commons by Muffet

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