dimanche 25 septembre 2016

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Les médecines “naturelles” peuvent être fatales aux enfants

Une étude australienne, certes réalisée par des médecins, met en garde contre les médecines alternatives, en particulier chez l’enfant. Le recours aux médecines alternatives est choisi par les parents, parfois pour remplacer un médicament prescrit, imaginant que ces produits alternatifs sont naturels et sans danger : pourtant les médecines alternatives peuvent induirent chez les enfants, des effets indésirables graves voire mortels. L’étude qui en apporte la preuve est publiée par la revue médicale Archives of Disease in Childhood.

On définit par médecine alternatives, tout un groupe de pratiques ou de produits, non reconnus comme des médicaments et donc n’en subissant ni les évaluations, ni les contrôles, mais qui pour l’opinion publique seraient paré de vertues guérissantes auxquelles s’ajouteraient le bénéfice que cela soit naturel.

L’équipe de scientifiques australiens a compilé les données de l’unité de surveillance pédiatrique australienne entre janvier 2001 et décembre 2003. Elle a découvert 39 rapports d’effets indésirables survenus chez des enfants suite à l’utilisation par leur parents, en l’absence de contrôle médicale, des médecines alternatives. Quatre enfants en sont décédés.

Deux cas se distinguent. Les parents ont consulté un médecin qui a prescrit un médicament auquel les parents ont substitué une médecins alternative : Ce non respect de la prescription médicale a entraîné 17/39 hospitalisations d’urgence. Dans le deuxième cas de figure, concernant 22 cas de l’étude, les parents ont ajouté à la prescription, un produit alternatif de leur choix qui a directement causé l’effet secondaire grave. Dans deux tiers des cas, l’effet indésirable était potentiellement fatal voire a été fatal pour l’enfant.

Quatre enfants sont décédés et les causes de leur décès sont dramatiques : dans les 4 cas, un médecin avait prescrit un traitement médical que les parents ont décidé de ne pas respecter et qu’ils ont remplacé par un médicament alternatif :

– Un bébé de 8 mois est hospitalisé en état de malnutrition compliqué d’un choc septique après un traitement naturopathique avec un régime à base de lait de riz depuis l’âge de 3 mois pour traiter une congestion.

– Un bébé de 10 mois est arrivé en état de choc septique après un traitement homéopathique et un régime alimentaire restrictif pour un eczéma chronique.

– Un enfant épileptique, chez qui de nombreux traitements de médecine alternative avaient été utilisés à la place du traitement médical classique, a subi plusieurs crises dont une avec arrêt cardiorespiratoire.

– Un enfant qui venait de faire une embolie pulmonaire et avait un traitement anticoagulant pour éviter une récidive, s’est vu substituer ce traitement par ses parents pour un médicament alternatif ; il est décédé des suites de complications d’un infarctus pulmonaire.

Les auteurs de l’article soulignent que plusieurs enfants souffraient d’une malnutrition du fait d’un régime alimentaire restrictif, et que d’autres enfants souffrait d’un surdosage, notion que n’ont pas forcément les utilisateurs de médecines naturelles puisqu’ils considèrent ces médecines alternatives comme incapables d’avoir des effets secondaires.

“Cette étude souligne de nombreuses zones d’inquiétude et identifie les enfants ayant des maladies chroniques ou des régimes alimentaires restrictifs comme les plus vulnérables potentiellement”, concluent les auteurs, qui encouragent à améliorer la déclaration des effets indésirables associés à ces traitements.

Source

Adverse events associated with the use of complementary and alternative medicine in children
Alissa Lim, Noel Cranswic, Michael South
Archives of Disease in Childhood, Arch Dis Child doi:10.1136/adc.2010.183152

Crédit Photo Creative Commons by mgerskup

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