mercredi 28 septembre 2016

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Vieillissement cérébral : Quand le zèbre perd ses rayures

La capacité à se remémorer que le zèbre a des rayures ou que la girafe a un long cou, fait partie de ce que l’on nomme la mémoire sémantique. Elle nous permet d’associer une signification à un mot et de se rappeler de concepts globaux que nous avons appris.

La détérioration de ces capacités mnésiques, fait le lit de ce que l’on appelle une démence sémantique mais peut également exister au cours de la maladie d’Alzheimer. Des neurologistes et psychoneurologistes de Caen (France) ont voulu identifier les éléments de la mémoire sémantique qui sont les premiers à se détériorer. Ils ont ainsi probablement permis de mieux comprendre un phénomène surprenant dénommé effet d’amorçage rapide (hyperpriming), et qui se rencontre au début d’une maladie d’Alzheimer.

Le Dr Mickaël Laisney et son équipe appartiennent aux universitiés de Caen et de Rennes. Ils ont sélectionné 16 patients souffrant d’une maladie d’Alzheimer et 8 patients souffrant d’une démence sémantique, afin d’étudier leur capacité de reconnaissance des mots. Ils montraient aux patients des paires de mots de manière successive et les patients devaient indiquer s’ils reconnaissaient le deuxième mot. Grâce à un effet sémantique dénommé amorçage sémantique, les personnes ont tendance à reconnaître plus rapidement un mot, par exemple tigre, s’ils ont auparavant vu un mot qui y est relié tel que le mot lion. Une étude précédente avait d’ailleurs montré qu’au début d’une maladie d’Alzheimer, cette capacité de reconnaissance des mots était même plus rapide que chez des patients sains. Ce phénomène est surprenant, puisqu’il contraste beaucoup avec l’idée de la perte mnésique de la maladie d’Alzheimer.

La découverte de cette nouvelle étude a été de montrer que les premiers éléments sémantiques à être affectés sont les caractéristiques d’un concept tel que le zèbre rayé ou la girafe au long cou. Ce concept disparaissant, les patients intègrent zèbre et girafe dans un groupe indistinct d’animaux à 4 pattes. C’est la raison pour laquelle selon les auteurs, les patients sont meilleurs à la reconnaissance de mots liés (tels que tigre et lion) au tout début de l’atteinte cérébrale. Mais cette capacité disparaît plus tard.

Source

When the zebra loses its stripes : Semantic priming in early Alzheimer’s disease and semantic dementia
Mickaël Laisney, Bénédicte Giffard, Serge Belliard, Vincent de La Sayette, Béatrice Desgranges, and Francis Eustache
Cortex, Volume 47, Issue 1 (January 2011)

Crédit Photo Creative Commons by alles-schlumpf

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