samedi 3 décembre 2016

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Grippe H1N1 2009 : échec de la vaccination même parmi les groupes à risque

En France, les premiers cas de grippe H1N1 ont été détectés en mai 2009. Au pic de l’épidémie, en novembre 2009, il y avait 750 consultations hebdomadaires pour grippe pour 100 000 habitants. On estime entre 7,7 et 14,7 millions, (soit entre 12% et 23% de la population), le nombre de personnes contaminés par le virus H1N1.

En octobre, un programme de vaccination de masse fut initié suite à l’achat de 93 millions de doses de vaccins contre la grippe H1N1. On connait le fiasco qui s’en est suivi. Cependant, l’INVS publie dans la revue Vaccine, un bilan de la vaccination des groupes à risques.

La CNAM a adressé aux assurés sociaux, en fonction des leurs appartenances à un des 14 régimes de la sécurité sociale, une invitation à se faire vacciner dans un centre de vaccination, avec plus ou moins de rapidité.

Sur les 64 942 414 personnes invités à se faire vacciner et pour lesquelles l’état avait acheté une ou deux doses vaccinales, seulement 5 159 295 suivirent la recommandation officielle soit 7,95% de la population cncernée.

Le taux de couverture varie en fonction des groupes d’âge ; il était le plus élevé, à 20,7%, chez les enfants de 6-23 mois, et au plus bas, à 3,1%, chez les adultes de 18-24 ans. On relève une proportion plus élevée à 22% pour les femmes enceintes, un groupe particulièrement à risque en cas de grippe H1N1.  Seulement 7% des patients bénéficiant d’une ALD se sont fait vacciner.

Cette étude est publiée après de nombreux rapports ayant analysé la faillite du systême sanitaire français et l’absence de confiance de la population en l’appel à la vaccination. Le taux de couverture vaccinale en France a été dramatiquement bas, bien plus bas que dans tous les autres pays du monde, stigmatisant cette faillite de la confiance de l’opinion envers les directives sanitaires édictées par Mme Bachelot.

En moyenne, le taux de vaccination dans les autres pays à été de 23%. Mais il a été de 65% en Suède. Cela reflète probablement selon les auteurs, l’impact négatif des controverses françaises et internationales sur l’efficacité et la sécurité d’emploi du vaccin. Les auteurs sont fonctionnaires à l’INVS, l’Institut National de Veille Sanitaire et il leur est effectivement difficile de mettre en cause la qualité de la communication du ministère de la santé vis à vis de la responsabilité de l’échec de la vaccination en France. “Les Français n’ont pas été très réceptifs aux messages des autorités de santé recommandant la vacination. Le raisons pour cela sont toujours débattues” se contentent d’écrire les auteurs…

Source

Population and risk group uptake of H1N1 influenza vaccine in mainland France 2009-2010: results of a national vaccination campaign
Bone A, Guthmann JP, Nicolau J, Lévy-Bruhl D
Vaccine. 2010 Nov 29;28(51):8157-61

Crédit Photo Creative Commons by USACE Europe District

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