samedi 3 décembre 2016

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Effets secondaires de 2 vaccins contre la grippe chez la femme enceinte

Plusieurs études nt montré que la femme enceinte est plus à risque de complications de la grippe que la femme non enceinte, peut-être à cause des changements hormonaux accompagnant la grossesse.

Malgré certaines recommandations de vaccinations, seulement 12% à 28% des femmes enceintes ont été vaccinées entre 2005 et 2008 (US), peut-être du fait d’une méfiance du corps médical et des patientes?

Plusieurs médecins d’organismes de santé américains ont utilisés le système VAERS, qui permet au corps médical, aux fabriquants de vaccins et aux patients qui ont reçu une injection de signaler des effets secondaires, pour analyser ces effets chez les femmes enceintes.

Deux types de vaccins contre la grippe ont été évalués, un vaccin trivalent inactivé (VTI), et un vaccin vivant inactivé (VVI).

Pour le VTI, l’analyse a porté de juillet 1990 à juin 2009, et pour le VVI, de juillet 2003 à juin 2009. Notons que le VTI est recommandé aux Etats-Unis après le premier trimestre mais que le VVI n’a aucune recommandation chez la femme enceinte.

Pour le vaccin trivalent inactivé, 148 rapports d’effets secondaires ont été retrouvés. 20 cas (13,5%) ont été jugés graves, et 86% non graves. La plupart des notifications d’effets secondaires sont apparus après 2000 et particulièrement dans les années 2008-2009. Le vaccin a été administré dans 70% des cas au premier ou second trimestre de la grossesse.

Les 148 rapports témoignaient de 230 effets secondaires (Il y en avait plusieurs effets secondaires notés dans de nombreux rapports). Les 5 effets secondaires les plus fréquemments rapportés étaient la grossesse non désirée, une dose injectée incorrecte, un avortement spontané, une anomalie foetale, et un érythème au site d’injection. Les effets secondaires les plus fréquents en relation avec la grossesse, étaient l’avortement spontané (17 cas, 11,5%), la prématurité (6 cas, 4%), l’oligohydramnios (3 cas, 4% ; c’est un déficit en liquide amniotique) et le polyhydramnios (2 cas, 1,4% ; c’est un excès en liquide amniotique). La pluspart des effets secondaires sont apparus à la 10 ème semaine de gestation. Sept anomalies congénitales ont été rapportées, dont 2 furent détectées par échographie et 3 découvertes à la naissance.

Des réactions au site d’injection ont été rapportées dans 31 cas. Elles survenaient seules ou associées à une fatigue, un malaise ou de la fièvre dans 80% des cas.

Trois cas de Guillain-Barré ont été rapportés dont 2 cas ont été confirmés. 1 cas d’allergie ayant nécessité un traitement et une hospitalisation a été enregistré sans qu’il n’y ait de conséquences pour l’enfant.

Pour le vaccin vivant inactivé,  27 rapports ont été retrouvés, la plupart enrégistrés en 2007-2008. Un seul cas était jugé sérieux.

La vaccin a été en majorité injecté pendant le premier trimestre de la grossesse. Les 5 effets secondaires les plus fréquentes étaient la fièvre, la grossesse non désirée, l’erreur de traitement, une douleur laryngo-pharyngée, et les vomissements.

Le cas sévère concernait une patiente de 24 ans qui 4 semaines après l’injection a présenté un oligohydramnios secondaire à une rupture de membranes pou laquelle une hospitalisation a été nécessaire. Au cours de l’hospitalisation, un avortement est survenu.

Contexte : pendant la période de ces déclarations, les statistiques nationales ont noté que 13% des femmes enceintes ont reçu un vaccin contre la grippe, soit une population estimée à 11,8 millions. Les auteurs chiffrent donc à 12,5 par millions le nombre d’effets secondaires liés aux vaccins contre la grippe chez les femmes enceintes. Si le risque d’avortement est l’effet rapporté le plus fréquent, les auteurs l’évaluent à un risque de 5,5 cas par million de femmes vaccinées, soit un taux inférieur à celui qui survient dans la population non vaccinée.

Les auteurs jugent donc ces données rassurantes.

Il faut noter cependant quelques faiblesses à cette étude. Tout d’abord, les rapports d’effets secondaires ne sont pas systématiques ni obligatoires. Par ailleurs, si l’étude s’échelonne sur les 19 années d’existence du système VAERS, la sensibilisation médiatique récente a contribué à ce que les victimes d’effets secondaires le fasse savoir par le biais de ce système ; les déclarations ont considérablement augmenté au cours des années 2008-2009. Si l’étude s’était limitée à ces deux années, la proportion d’effets secondaires par femme enceinte vaccinée aurait été bien supérieure. Lisser les résultats sur les 19 années contribue certainement à diluer les risques. Etonnament pour une publication dans une revue référencée, ces limitations de l’étude ne sont pas considérées.

Source

Adverse events in pregnant women following administration of trivalent inactivated influenza vaccine and live attenuated influenza vaccine in the Vaccine Adverse Event reporting System 1990-2009
PedroL. Moro,Karen Broder,Yenlik Zheteyeva,Kimp Walton, Patricia Rohan,Andrea Sutherland, Alice Guh, Penina Haber, Frank DeStefano, Claudia Vellozzi
Am J Obstet Gynecol 2010;203:xx-xx.

Crédit Photo Creative Commons by Sharon Taylor Photography of Kettering

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