samedi 3 décembre 2016

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Trop de chauffage fait grossir

L’augmentation de la température à l’intérieur des habitations contribue à augmenter l’obésité montre une étude de l’UCL publiée dans la revue Obesity Reviews, qui a examiné le lien entre la réduction de l’exposition au froid extérieur au cours de l’hiver et l’augmentation de l’obésité aux Etats-Unis et en Angleterre.

La réduction de l’exposition au froid pourrait avoir deux effets sur notre capacité à maintenir un poids idéal : réduire la quantité d’énergie nécessaire à conserver notre température corporelle, et réduire la capacité de notre corps à produire de la chaleur.

Tout d’abord, les auteurs constatent que au cours de l’hiver, la température à l’intérieur des bâtiments a augmenté régulièrement au cours des dernières décennies alors qu’en même temps une homogénéisation de ces températures intérieures s’est développée. Cet accroissement du confort thermique signifie que l’exposition au froid s’est considérablement réduite et que nous passons de plus en plus de temps dans une température agréable.

Les auteurs se sont penchés sur le rôle de ce que nous appelons la graisse “brune”, le tissu adipeux jouant un rôle dans notre régulation thermique. Cette graisse “brune” diffère de la graisse “blanche” de par sa capacité à produire de la chaleur. Son développement au sein du corps est fonction de l’exposition à des températures basses. Comme l’ont montré de récente études, le temps passé au sein  d’une chaleur élevée confortable entraine une diminution de la graisse “brune”, et par conséquent, une réduction de notre capacité à transformer des graisses en énergie.

Selon l’auteur principal de cette étude, le  Dr Fiona Johnson “accroître le temps passé enfermé dans un bâtiment, avec des facilité d’utilisation de chauffage ou de climatisation, c’est à dire baigné en permanence d’une température confortable, réduit considérablement les variations de températures que nous rencontrons au cours de nos journées et par conséquent réduit le temps au cours duquel notre corps ressent un stress thermique, c’est à dire le temps au cours duquel il va devoir dépenser de l’énergie pour réguler sa température. Cela peut avoir un effet sur notre balance énergétique et donc au final sur notre poids corporel et sur le risque d’obésité“.

Les recherches sur les facteurs environnementaux contribuant à augmenter l’obésité, en dehors des facteurs génétiques, se sont focalisées sur l’alimentation et l’exercice physique, qui jouent indéniablement un rôle. Cependant, il est possible que d’autres facteurs environnementaux tel que la température des bâtiments au cours de l’hiver, joue un rôle. Cette étude propose donc une nouvelle opportunité de diversifier les stratégies pour faire face à l’épidémie d’obésité.

Il faut donc continuer à faire de l’exercice l’hiver, à l’extérieur bien sûr, ou réduire la température intérieure de son habitation (maximum 18-19 degrés). En été, fuyez la climatisation.

Source

Could increased time spent in a thermal comfort zone contribute to population increases in obesity?
F. Johnson, A. Mavroggiani, M. Ucci, A. Vidal-Puig, J. Wardle
Obesity Reviews, 2011

Crédit Photo Creative Commons by Troy B Thompson

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