samedi 3 décembre 2016

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La sanglante clinique du Dr Gosnell

La clinique du Dr Gosnell est un petit bâtiment de briques rouges, de deux étages, faisant l’angle de rues calmes de la banlieue pauvre de Philadelphie. Selon le procureur de Philadelphie, entre 1979 et 2010, des centaines de bébés auraient été mis à mort dans cette clinique par le Dr Gosnell.

Pour l’instant, Le Dr Kermit Gosnell et ses neuf employés sont mis en examen pour 9 assassinats d’enfants nés vivants, qu’ils auraient tués en leur sectionnant la collone vertébrale avec un ciseau. Ils sont également poursuivi pour le décès d’une femme de 41 ans, réfugiée Népalaise entrée illégallement aux Etats–Unis, et décédée suite à un probable surdosage en anesthésiques après une tentative d’avortement tardif.

C’est d’ailleurs tout d’abord pour une suspicion de délivrance abusive de médicaments antalgiques qui se revendaient dans les rues de la ville, que les autorités se sont intéressées à la clinique du Dr Gosnell.

Le grand jury constitué comme avant tout procès aux Etats-Unis, à réclamé la poursuite de Dr Gosnell et de ses associés, pour meutres, infanticides, avortements illégaux, etc…Le département de la santé de Pensylvanie est également pointé du doigt ; voilà près de 15 ans qu’aucun de ses services n’avait été inspecter la clinique. Car en fouillant la cliniques, ce ne sont pas que des prescriptions douteuses qui furent retrouvés par les enquêteurs. Le rapport du grand Jury  décrit les jarres contenant des pieds de bébé sectionnés, les bouteilles et les sacs en plastique contenant des foetus avortés. En fait, lorsque la grossesse était trop tardive pour permettre un avortement légal, le Dr Grosnell déclenchait le travail et une fois l’enfant extrait, sectionnait sa moelle épinière au niveau du cou d’un coup de ciseaux, une technique qu’il appellait “la Biopsie”

De ces pratiques d’avortements tardifs et illégaux, suivis d’infanticides, le Dr Gosnell, un médecin de famille sans spécialisation en gynécologie aurait retire une rémunération de 1,3 millions d’euros par an, la plupart payé en liquide. La majorité des femmes “avortées” par le Dr Gosnell étaient pauvres et de couleur, ce qui selon le rapport du grand jury, explique le non intérêt des autorités pendant des années.

Cette affaire survient aux Etats-Unis dans un contexte d’agitation politique concernant le droit à l’avortement que les républicains tentent de réduire. Plusieurs propositions sont en cours de débat, d’abord l’arrêt de la couverture des avortements par les assurances santé, la restriction des avortements aux foetus de moins de 20 semaines,  l’obligation que la femme regarde une échographie de son enfant avant de se décider ainsi qu’une période de réflexion et de conseils de 24 heures.

Actuellement, en Pennsylvanie, le délai de réflexion de 24 heures a déjà été mis en pratique mais l’avortement légal peut avoir lieu jusqu’à la 24 ème semaine. C’est principalement cette loi que le Dr Gosnell avait décidé de ne pas respecter. Cependant, comme le répétait l’avocat du Dr Gosnell lors de la comparution devant le grand jury, “il ne faut pas oublier que mon client doit pour l’instant être considéré comme innocent”.

Source

Baby Charnel house doctor is charged with multiple murder
Janice Hopkins Tanne
BMJ 2011,342:d489

Le rapport du grand jury

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