mardi 27 septembre 2016

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On sait faire disparaître le diabète de type 1

En éliminant l’action d’une seule hormone, le glucagon, des scientifiques ont montré chez l’animal qu’il était possible de transformer un diabète de type 1 en un trouble métabolique non insulinodépendant. Cette étude réalisées par des médecins de l’université South western Medical Center montre que l’insuline, une hormone dont l’absence peut tuer un diabétique de type 1, devient une hormone totalement superflue si une seconde hormone disparaît, le glucagon.

L’insuline est une hormone sécrétée par les ilots de Langerans du pancréas et qui permet l’entrée à l’intérieur des cellules, du sucre présent dans le sang. Le glucagon est aussi une hormone sécrétée par le pancréas. Le rôle du glucagon est d’éviter une baisse trop importante du niveau du sucre dans le sang chez les sujets sains. En revanche, le glucagon produit une augmentation trop importante de la glycémie sanguine chez les patients ayant un diabète de type 1.

“Nous étions tous convaincus que l’insuline était l’hormone toute puissante sans laquelle la vie était impossible, mais c’est fini” explique le Dr Roger Unger, Professeur en médecine interne et auteur de l’étude, publiée dans la prestigieuse revue Diabetes ; “Si on définit le diabète comme une restauration de l’homéostasie du glucose, alors, supprimer le glucagon peut-être considéré comme proche d’un traitement”.

Depuis 1922, date de découverte de l’insuline, elle était devenue le traitement de base du diabétique de type 1, obligé de s’injecter cette insuline plusieurs fois par jours, sans pour autant obtenir une normalisation de l’homéostasie du glucose. En revanche l’élimination du glucagon semble pouvoir atteindre cet objectif. Le glucagon évite des taux sanguin de sucre trop bas en stimulant le relarguage de sucre par le foie, augmentant ainsi la glycémie sanguine. L’insuline a un effet inhibiteur sur cette synthèse de glucagon et peut donc arrêter sa production et par conséquent son effet. Par contre, chez le diabétique, l’absence d’insuline entraine une sécrétion trop importante et non contrôlée de glucagon qui produit des effets néfastes sur le contrôle glycémique que tente d’atteindre le patient.

Dans cette étude, les scientifiques ont évalué comment des souris génétiquement modifiées pour ne pas synthétiser de récepteurs au glucagon réagissaient à un test, utilisé chez l’homme pour diagnostiquer un diabète, le test de tolérance au glucose. Si tout fonctionne bien, le sucre absorbé (75 grammes) va passer dans le sang et être absorbé par les cellules sans augmentation de la glycémie sanguine au dessus de la normale. Si la glycémie monte trop, c’est qu’il y  a une insuffisance en insuline et donc un diabète.

Les chercheurs ont retrouvé que les souris avec une sécrétion normale d’insuline, mais sans récepteur au glucagon avaient un test normal. Ces souris avaient également un test normal après que leurs cellules sécrétrices d’insuline aient été détruites. Sans insuline et sans glucagon, et malgré un apport élevé en sucre, les souris ne montre pas les signes d’un diabète.

“Cette découverte montre que si vous n’avez plus d’insuline, ce n’est pas grave si vous n’avez pas non plus de glucagon” explique le Dr Unger, avant de préciser que l’insuline est une hormone importante pour une croissance normale jusqu’à l’âge adulte, après le seul rôle de l’insuline est de contrôler le glucagon”.

Cette découverte pourrait contribuer à trouver un traitement qui pourrait bloquer les récepteurs au glucagon, réduisant la nécessité, pour les diabétiques de type 1, de s’injecter de l’insuline .

Source

Glucagon Receptor Knockout Prevents Insulin-Deficient Type 1 Diabetes in Mice
Y. Lee, M.-Y. Wang, X. Q. Du, M. J. Charron, R. H. Unger.
Diabetes, 2011; 60 (2): 391

Crédit Photo Creative Commons by dhammza

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