samedi 3 décembre 2016

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Un vaccin contre la transmission du VIH par voie vaginale efficace chez l’animal

Le virus HIV-1 se transmet essentiellement à travers les muqueuses lors d’un rapport sexuel. Des chercheurs français ont développé un vaccin destiné à éviter la transmission sexuelle du VIH. Il a été testé chez des macaques femelles dans le but de vérifier son efficacité. Ce vaccin est le fruit de quinze années de recherche sur l’entrée du virus dans l’organisme et sur l’immunité locale au niveau des muqueuses. L’approche est nouvelle : elle consiste à induire la production d’anticorps pouvant lutter contre le virus VIH directement au niveau des muqueuses génitales, c’est-à-dire avant la multiplication du virus et sa dissémination dans le sang, mimant le phénomène observé dans une population de femmes naturellement immunisées contre le VIH et qui résistent à l’infection.

Le vaccin est constitué de sous unité-gp41 greffées sur des virosomes. Cinq macaques femelles ont été vaccinées par voies intramusculaire et nasale. Six mois plus tard, elles ont été exposées à 13 reprises au virus HIV du singe ((SHIV)-SF162P3) par inoculation vaginale. Quatre animaux sur cinq sont restés négatif au virus et un animal s’est révélé positif mais uniquement de manière transitoire Les cinq animaux sont restés protégés du développement de l’infection et sont restés séronégatifs au VIH, et le sont toujours six mois après la dernière infection par le VIH. En comparaison, les 6 animaux du groupe placebo ont été infectés par le virus et ont subi une séroconversion positive.

L’analyse comparative des anticorps induits par la vaccination dans le sang et au niveau des muqueuses montre que ce sont seulement les anticorps muqueux spécifiques de la surface du virus -aussi bien IgG que IgA- qui permettent de protéger les macaques de l’infection par voie muqueuse. Ce type d’anticorps a été décrit comme un corrélat de la protection chez des femmes résistant à l’infection malgré des rapports sexuels non protégés et qui seraient donc naturellement immunisées. Cela permet de penser que le vaccin simule ce type de réponse naturelle.

« Cependant, il reste beaucoup de travail à réaliser. Il existe plusieurs limites à ces résultats : le vaccin n’a été testé que sur des singes femelles. Il protège d’une infection vaginale non traumatique, ne reflétant pas nécessairement la réalité. Reste donc à étudier le vaccin chez des mâles et à voir son efficacité contre d’autres voies d’infection sexuelles (rectum, tractus oro-uro-génital). Enfin, il faut poursuivre cette étude, notamment quant à la durée de la réponse immunitaire protectrice », conclut Morgane Bomsel, le premier auteur de la publication.

Source

Immunization with HIV-1 gp41 Subunit Virosomes Induces Mucosal Antibodies Protecting Nonhuman Primates against Vaginal SHIV Challenges
Morgane Bomsel, Daniela Tudor, Anne-Sophie Drillet, Annette Alfsen, Yonatan Ganor, Marie-Gaëlle Roger, Nicolas Mouz, Mario Amacker, Anick Chalifour, Lorenzo Diomede, Gilles
Devillier, Zhe Cong, Qiang Wei, Hong Gao, Chuan Qin, Gui-Bo Yang, Rinaldo Zurbriggen, Lucia Lopalco, Sylvain Fleury
Immunity, 10 February 2011

Une nouvelle piste pour un candidat-vaccin contre le virus du sidaCommuniqué de presse de l’université Paris Descartes

Crédit Photo Creative Commons by Michael Ransburg

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