samedi 3 décembre 2016

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Spina Bifida : une opération chirugicale in utero améliore l’avenir des enfants

La spina bifida est l’anomalie congénitale la plus fréquente touchant le système nerveux central restant compatible avec la vie. La spina bifida se caractérise par l’absence de soudure de la partie arrière de la colonne vertébrale, d’une ou plusieurs vertèbres, laissant un espace plus ou moins important à travers lequel le contenu de la colonne vertébrale est susceptible de faire saillie. La forme la plus commune est le  myéloméningocèle, une hernie en forme de sac contenant des méninges, de la moelle épinière et du liquide céphalo-rachidien, font saillie à l’extérieur de la colonne vertébrale.

La supplémentation en acide folique au cours du premier trimestre de la grossesse a permis de réduire l’incidence de la spina bifida chez les nouveaux nés, qui s’est stabilisée à une fréquence de 3.4 pour 10,000 enfants nés vivants. Le taux de mortalité de ces enfants est actuellement de 10%. Les survivants vivront avec des anomalies importantes incluant paralysies, dysfonctionnement vésical ou intestinal. Le risque infectieux reste permanent. Des atteintes de la moelle épinière et des nerfs périphériques apparaissent dès la naissance de manière irréversible malgré la chirurgie post-natale. Le degré d’atteinte des membres inférieurs est corrélé au niveau d’atteinte de la moelle épinière. Tenter de réparer le myéloméningocèle in utéro pourrait améliorer les fonctions motrice des enfants. C’est ce que rapportent des chirurgiens américains dans la revue The New England Journal of Medicine.

Des femmes enceintes dont l’enfant présentait un myéloméningocèle recevaient par tirage au sort, soit une opération chirurgicale avant la 26 ème semaine de grossesse, soit le traitement chirurgical post-natal standard. Il était prévu que 200 femmes soient recrutées dans l’étude.

L’étude a été interrompue précocement du fait du bénéfice important des enfants traités par chirurgie in utéro. En effet réaliser une opération chirugicale in utéro avant la 26 ème semaine, réduit le risque de décès ou la nécessité de réaliser un shunt avant l’âge de 12 mois de 30% par rapport au traitement chirurgical après la naissance. Les fonctions motrices de l’enfants et son développement mental apparaissent également très améliorés.

Cependant la chirurgie in utero augmente le risque de prématurité et de déhiscence utérine au moment de l’accouchement. C’est donc la confrontation entre le bénéfice et le risque qui aidera à porter l’indication en cas de myéloméningocèle.

Source

A Randomized Trial of Prenatal versus Postnatal Repair of Myelomeningocele
N. Scott Adzick, M.D., Elizabeth A. Thom, Ph.D., Catherine Y. Spong, M.D., John W. Brock, III, M.D., Pamela K. Burrows, M.S., Mark P. Johnson, M.D., Lori J. Howell, R.N., M.S., Jody A. Farrell, R.N., M.S.N., Mary E. Dabrowiak, R.N., M.S.N., Leslie N. Sutton, M.D., Nalin Gupta, M.D., Ph.D., Noel B. Tulipan, M.D., Mary E. D’Alton, M.D., and Diana L. Farmer, M.D. forthe MOMS Investigators
NEJM February 9, 2011

Crédit Photo New England Journal of Medicine

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