samedi 3 décembre 2016

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Découverte majeure : la mutation génétique responsable de la schizophrénie est identifiée

C’est une avancée majeure dans la recherche sur la schizophrénie qui vient d’être publiée fort logiquement dans la plus grande revue médicale, Nature. L’équipe de scientfifiques emmenés par le Pr Jonathan Sebat, de l’université de Californie, a identifié la mutation génétique responsable de la schizophrénie. Cette découverte a des implications immédiates en neurobiologie et dans le traitement de la maladie parce que le gène identifié est une cible attractive pour des développements médicamenteux.

“En quelques sorte, il s’agit du gène que l’industrie pharmaceutique attendait” explique le Pr Sebat, “son activité peut-être modulée par des petides synthétiques, et certains existent déjà”.

La schizophrénie est un trouble mental chronique et invalidant dont les symptômes incluent des hallucinations, et des troubles de la pensée. Si des causes environnementales peuvent entrer en ligne de compte, les facteurs génétiques semblent prédominents. Dans les pays développés, 1% de la population est touchée par cette maladie, et 10% dès qu’un membre de a famille au premier degré en est atteint.

Le Pr Sebat et le Pr Mary-Claire King ont préalablement découvert de rares mutations survenant au sein du génome humain et povoquant un risque élevé de schizophrénie. Ces mutations consistent en une variabilité du nombre de copies d’un gène, ou CNV qui désigne en génétique une forme particulière de polymorphisme dans lequel le nombre de copies d’un même gène dans le génome est variable entre les individus. Cette découverte apportait la première preuve que des mutations génétiques rares pouvaient provoquer une schizophrénie.

Les chercheurs ont ensuite travaillé à partir du génome de 8 290 personnes touchées par une telle forme rare de schizophrénie et du génome de 7 431 personnes sans pathologie. En comparant ces deux groupes de génomes, ils ont identifiés plusieurs sites de variations, dont certains avaient djéjà été découverts par des études précédentes. Mais la plus importante découverte a été d’identifier une duplication du télomère du chromosome 7q, 14 fois plus fréquente chez les patients schizophréniques que chez les sujets sains. Cette modification génétique impacte directement un gène important pour le développement cérébral qui encode pour le récepteur R2 du neuropeptide VIP (VIPR2).

Connu sous le nom de Vasoactive Intestinal Peptide Receptor 2, VIPR2 est exprimé dans le système nerveux en particulier dans le cerveau, il régule la formation et l’activité des neurones cérébraux, joue un rôle comportemental, régule l’apprentissage et les rythmes circadiens d’éveil. Il joue également un rôle au niveau des vaisseaux sanguins et du tractus digestif.

L’équipe du Pr Sebat a mesuré l’expression du gène VIPR2 au niveau sanguin des patients schizophrènes et a montré que les patients ayant la mutation ont une activité plus forte du récepteur, leur permettant de conclure que l’effet de la mutation est d’augmenter l’activité de la voie de signalisation VIP.

“Cette découverte peut offrir la meilleure cible pour des études à venir, c’est cela aujourd’hui la médecine génétique, trouver le gène impliqué et utiliser l’information génétique pour trouver la stratégie thérapeutique qui va y correspondre”, explique le Pr sebat.

Maintenant, des composés syntéhétiques vont être testés pour évaluer leurs effets bénéfiques sur des souris et des cultures de cellules exprimant la mutation du gène VIPR2.

Source

Duplications of the neuropeptide receptor gene VIPR2 confer significant risk for schizophrenia
Vladimir Vacic, Shane McCarthy, Dheeraj Malhotra, Fiona Murray, Hsun-Hua Chou, Aine Peoples, Vladimir Makarov, Seungtai Yoon, Abhishek Bhandari, Roser Corominas, Lilia M. Iakoucheva, Olga Krastoshevsky, Verena Krause, Verónica Larach-Walters, David K. Welsh, David Craig, John R. Kelsoe, Elliot S. Gershon, Suzanne M. Leal, Marie Dell Aquila, Derek W. Morris, Michael Gill, Aiden Corvin, Paul A. Insel, Jon McClellan, Mary-Claire King, Maria Karayiorgou, Deborah L. Levy, Lynn E. DeLisi, Jonathan Sebat.
Nature, 2011

Crédit Photo Creative Commons by Embroidered Schizophrenia

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