dimanche 25 septembre 2016

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Qui est Acinetobacter Baumanii ?

“Une bactérie ultra-résistante panique la Provence” titre le site internet d’Europe 1, évoquant un “vent de panique”, on se croirait revenu aux pires heures médiatiques de la grippe H1N1. Le racolage médiatique recommence t-il? Quatorze malades auraient contracté cette bactérie et “4 sont morts, sans que leur décès puisse toutefois être directement lié à la bactérie” reconnait ensuite l’article. Selon une autre source, 1 seul patient, hospitalisé à l’Assistance Publique des Hopitaux de Marseille aurait été porteur de la bactérie. Pour malheureuse quelle soit, ce type d’infections n’a rien de surprenant ni d’extraordinaire.

Par exemple, de  juillet 2003 à février 2004, en France, 44 établissements de santé dans 12 départements (8 régions) ont signalé 218 cas d’infections ou colonisations à Acinetobacter baumannii présentant le même profil de résistance aux antibiotiques (source INVS). Acinetobacter baumannii est connue pour être une bactérie fréquemment résistante à de nombreux antibiotiques, et qui est responsable d’épidémies d’infections nosocomiales le plus souvent dans des services accueillant des patients fragilisés (réanimation par exemple). Elle peut persister longtemps dans l’environnement hospitalier, adhére aux surfaces solides et humides et sa transmission est manuportée Cela signifie que c’est une mauvaise hygiène ou une hygiène insuffisance des personnes circulant dans les services qui portent la bactérie peuvent contaminer de nouveaux patients.

Cette bactérie n’est pas pathogène chez l’individu bien portant et n’est que très rarement responsable d’infections en communauté. La bactérie peut simplement être présente sur la peau ou les muqueuses des patients. Chez les patients fragilisés, elle peut provoquer des infections pulmonaires, des septicémies, des infections de plaies ou de brûlures. La mortalité liée à Acinetobacter baumannii varie entre 17 et 46% pour les septicémies et peut atteindre 70 % pour les pneumopathies. En France en 2001, Acinetobacter baumannii représentait 1,2% des micro-organismes isolés d’infections nosocomiales ; en réanimation, on l’isolait dans 5 % des infections pulmonaires. La bactérie a connu un regain de notoriété en causant de nombreuses infections des tissus mous et des ostéomyélites chez des soldats américains blessés en Irak et en Afghanistan.

Le contrôle d’une épidémie à Acinetobacter baumannii nécessite des efforts importants : respect strict des procédures d’hygiène habituelles (lavage des mains), nettoyage soigneux des surfaces, mise en place de protocoles d’isolement, de dépistage systématique des patients porteurs, de signalisation de ces patients lorsqu’ils sont transférés, et dans des cas extrêmes la fermeture temporaire des services.

Source

Infections ou colonisations à Acinetobacter baumannii multi-résistant aux antibiotiques, France.
INVS, Point sur la situation au 10 février 2004

A Review of Acinetobacter baumannii as a Highly Successful Pathogen in Times of War
Callie Camp, Owatha L. Tatum
Laboratory Medicine. 2010;41(11):649-657

Epidémie à Acinetobacter Baumanii sur l’île de la réunion en 2009 : Une épidémie silencieuse sévit dans les hôpitaux

Crédit Photo Creatve Commons by Jonathan Marks

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