samedi 1 octobre 2016

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Vivre à la ferme évite asthme et allergies

Plusieurs études avaient montré une relation inverse entre l’exposition aux microorganismes existant dans notre environnement et le risque d’asthme. C’est à dire que plus le nombre de microorganisme auxquels une population est exposée est important, moins le risque d’asthme est développé. Des chercheurs allemands ont évalué la fréquence de survenue de l’asthme et d’allergie chez des enfants vivant en milieu rural, où à la ferme. L’étude parue dans le New England Journal of Medicine confirme le rôle protecteur d’une exposition aux micro-organismes chez les enfants vivant à la ferme, contre l’asthme et les allergies.

En fait deux études ont été menées en parallèles :

– La première a suivi 6.843 enfants, de 6 à 13 ans, vivant en milieu rural en Bavière. 52% vivaient dans des fermes, et 8% d’entre eux avaient un asthme. Des analyses microbiennes poussées, avec analyse ADN, ont été menées à partir de prélèvement du matelas des enfants.
– La seconde a été conduite auprès de 9.668 enfants de 6 à 12 ans, habitant des régions rurales d’Autriche, d’Allemagne, de Suisse, et de Pologne. 16% vivaient dans une ferme, et la fréquence totale de l’asthme était de 11%. L’analyse microbienne a été faite à partir de la poussière recueillie dans les chambres des enfants par culture, microscopie et coloration de Gram.
Les résultats montrent que la vie à la ferme est bénéfique aux enfants puisqu’elle réduit de 51% le risque d’asthme, et de 76% le risque d’allergies par rapport aux enfants vivant ailleurs que dans une ferme. Il semble que ce soit la richesse et la diversité des micro-organismes, bactéries et champignons rencontrées dans les fermes, qui contribuent à repousser le risque d’asthme et d’allergies. En effets les analyses montrent un effet inverse entre la richesse de ces microorganismes et le risque d’asthme et d’allergies. En effet, l’exposition aux flores microbiennes était associée à un risque d’asthme réduit significativement de 38% dans la première étude et de 14% dans la seconde. Autre exemple, le risque d’asthme est diminué de 63% chez les enfants exposés aux champignons de type eurotium et de 43% lorsqu’ils sont exposés aux listeria monocytogenes, bacillus et corynebacterium.

Ces données confirment que les enfants qui vivent à la ferme sont exposés à une plus grande variété de micro-organismes (bactéries, champignons) que les enfants vivant en milieu semi rural ou urbain et que cela jouent un rôle majeur dans le développement d’une meilleure immunité et donc lutte contre le risque d’asthme, concluent les chercheurs. La vie citadine se révèle inadaptée et délétère au fonctionnement de l’immunité de l’enfant. La pollution et autres toxiques environnementaux aggravent encore la situation.

Source

Exposure to Environmental Microorganisms and Childhood Asthma
Markus J. Ege, M.D., Melanie Mayer, Ph.D., Anne-Cécile Normand, Ph.D., Jon Genuneit, M.D., William O.C.M. Cookson, M.D., D.Phil., Charlotte Braun-Fahrländer, M.D., Dick Heederik, Ph.D., Renaud Piarroux, M.D., Ph.D., and Erika von Mutius, M.D. for the GABRIELA Transregio 22 Study Group
N Engl J Med 2011; 364:701-709 February 24, 2011

Crédit Photo Creative Commons by |JL62|

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