vendredi 30 septembre 2016

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Diabète et causes de décès : le contrôle de la glycémie est le moyen le plus efficace pour les réduire

Le diabète est une maladie vasculaire générée par un excès du sucre circulant au niveau sanguin. L’ensemble des vaisseaux sont petit à petit touchés, ce qui a des conséquences sur différents organes tels que le cœur, les reins, le cerveau, provoquant des ischémies (infarctus du cœur, accident vasculaire cérébral, insuffisance rénale..). Ces pathologies existent chez les personnes non diabétiques, mais le diabète en multiplie le risque par 2. Les nerfs sont eux aussi affectés avec apparition d’une neuropathie diabétique. Mais le diabète s’associe à une augmentation de bien d’autres risques moins bien identifiés et moins bien quantifiés. Pour évaluer cet accroissement de risques liés au diabète, des scientifiques ont compilé les données de 820 900 patients diabétiques afin d’analyser les causes de décès et de les comparer aux causes d’une population sans diabète. Les patients étaient en moyenne âgés de 55 ans, vivaient en Europe (58%) ou en Amérique du Nord (36%). Au cours du suivi, 123.205 décès ont été enregistrés.

Tout d’abord sur la durée de suivi, le diabète augmente de 80% la mortalité par rapport à une personne sans diabète : le diabète augmente de 25% le risque de décès lié à un cancer, augmente de 132% le risque d’une maladie vasculaire (accident vasculaire cérébral par exemple), augmente de 73% le risque de décès non lié à une cause vasculaire ni à un cancer. Et cela, de manière indépendante du poids, de l’âge, du sexe ou du tabagisme. En revanche, ces risques étaient considérablement réduits en cas d’un bon contrôle du taux de sucre dans le sang (glycémie sanguine et HbA1c), montrant l’importance d’un bon suivi du patient diabétique.

Le décès en cas de diabète survient plus précocement. Le diabète accroît le risque de cancer du foie (+116%), du pancréas (+51%), des ovaires (+45%), de la vessie (+40%), des poumons (+27%), du colon et du rectum (+40%), et des seins (+25%). Il accroît également le risque de décès par pathologie rénale (+300%), par pathologie hépatique (+136%), par maladies infectieuses(+139%), par maladie mentale (+64%), par maladies digestives, par suicide (+58%), par troubles nerveux (+28%) et par maladie pulmonaire obstructive. Tous ces résultats ont été évalués en comparaison avec une population équivalente mais non diabétique.

Seule la régulation de la glycémie, obtenue dans le diabète par un respect de certaines règles alimentaires, par la prise de médicaments antidiabétiques et parfois grace à l’insuline, a un rôle bénéfique sur la réduction de ces risques. L’excès de risque devient effectivement pregnant quand la glycémie est supérieure à  100 mg/dL (5,6 mMol/L).

Ainsi, si le diabète s’associe à un excès de risque lié à des maladies vasculaires, cette étude démontre également un excès de décès prématurés liés à des cancers, des infections, des désordres dégénératifs, des suicides, et cela indépendamment des nombreux facteurs de risque connus.

A 50 ans, un diabétique sans pathologie vasculaire encore diagnostiquée vivra environ 6 années de mois qu’une personne du même âge sans diabète. Pour tenter une comparaison, pour un sujet fumeur à 50 ans, la perte d’années de vie s’élève à 10 ans. Pour un diabétique,  environ 40% des années de vie perdues sont liées à des causes autres que vasculaires et 10% sont attribuables à l’excès de risque de cancer. La glycémie est liée à ce risque en particulier si elle dépasse 100 mg/dL (5,6 mMol/L).

En revanche, la pression artérielle, l’insuline, les marqueurs biologiques de l’inflammation, l’adiposité et la fonction rénale ne modifiaient pas l’excès de risque de mortalité. La prévention de ces conséquences du diabète dorénavant bien identifiées doit appartenir à la prise en charge des patients diabétiques.

Source

Diabetes Mellitus, Fasting Glucose,and Risk of Cause-Specific Death
The Emerging Risk Factors Collaboration
New England Journal of Medicine, vol.364, n°9, p829-841

Crédit Photo Creative Commons by louloulou

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