lundi 26 septembre 2016

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Est-ce que stress de l’infertilité chez la femme réduit les chances de succès de la fécondation in vitro?

L’infertilité touche entre 9% et 15% de la population et 55% des personnes touchées vont demander une aide médicale. De nombreuses femmes infertiles croient que le stress émotionnel est un facteur contribuant à leur infertilité et au manque de succès qu’elles ont rencontré aux cours des tentatives de procréation assistée. Ces croyances sont renforcées par les anecdotes de conceptions pendant les vacances, ou après une adoption, quand les couples ne sont plus  focalisés sur la conception. Mais les études menées jusqu’alors sur le sujet n’ont pas pu apporter une conclusion formelle à ce débat. Des scientifiques Anglais de l’école de psychologie de l’université de Cardiff ont repris les meilleures études sur le sujet pour les analyser conjointement. 14 études, publiées entre 1985 et 2010 ont au total été sélectionnées.

Un cycle de fécondation in Vitro (FIV) prend de 9 à 12 jours pendant lesquelles une femme reçoit des injection d’hormone stimulant la production d’ovocytes, les ovocytes sont récupérés à l’aide d’une échographie, ils sont fertilisés en laboratoires avec le sperme du partenaire t le transfert dans l’utérus peut se faire. Les couples attendent alors 2 à 3 semaines pour savoir si l’implantation a eu lieu. Les couples s’attendent à ce que ces moments soient stressants, d’ailleurs 30% des couples arrêtent le processus en cours à cause du poids psychologique.

Dans ces études, le stress émotionnel, l’anxiété ou une dépression, étaient évalués avant le début de la stimulation ovulatoire. L’objectif des études était de rapporter ce stresse émotionnel à la réussite ou non d’une grossesse après un cycle de reproduction assistée, fécondation in vitro, injection de sperme intra cytoplasmique, transfert de spermatozoïdes dans les trompes de Fallope.

Ce que les scientifiques ont ainsi pu évaluer est la différence de niveau de stress entre des femmes finalement enceintes et celles ne l’étant pas, après une tentative de procréation assistée. Au total l’étude comportait 3583 femmes de 10 pays, âgées de 29 à 36 ans et ayant une infertilité depuis 2,6 à 7,8 ans.

L’analyse globale des 14 études ne détecte aucune différence de niveau de stress entre celles réussissant finalement à être enceinte et celles pour lesquelles la procréation assistée n’a pas été couronnée de succès. Cependant le stress pourrait réduire les chance de succès en poussant certains couples à quitter les programmes d’aide à la procréation  assistée.  Cette étude est à même de rassurer les femmes sur le fait que le stress ressenti au cours de problèmes de fertilité, ou au cours d’un traitement de procréation assistée ne réduit pas les chances d’être un jour enceinte.

Source

Emotional distress in infertile women and failure of assisted reproductive technologies: meta-analysis of prospective psychosocial studies
J Boivin, E Griffiths, C A Venetis
BMJ 2011; 342:d223

Crédit Photo Creative Commons by Thomas van Ardenne

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