dimanche 4 décembre 2016

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INVS : la population française est fortement exposée aux pesticides, aux PCB, et dans une moindre mesures aux métaux lourds (Partie 1)

L’Institut de veille sanitaire (INVS) publie pour la première fois un rapport évaluant la contamination de la population française par les pesticides, les PCB et les métaux lourds. L’étude démontre que les français sont fortement contaminés par les pesticides et le PCB et dans une moindre mesure par les métaux lourds.

Il s’agit des premiers résultats du volet environnemental de l’étude nationale nutrition santé (ENNS) qui a mesuré pour la première fois en France, les concentrations biologiques de métaux, pesticides et PCB (polychlorobiphényles) sur un échantillon représentatif de la population. Cette étude sur des substances chimiques présentes dans l’environnement ou l’alimentation concerne principalement les adultes. 11 métaux et métalloïdes, six types de PCB (polychlorobiphényles) et trois pesticides ont été recherchés dans le sang, les urines ou les cheveux d’un échantillon représentatif de la population adulte principalement (18-74 ans).

Contamination des Français par les pesticides et les PCB (polychlorobiphényles)

L’exposition de la population française aux polluants a été estimée par la mesure de substances chimiques présentes dans l’alimentation et/ou l’environnement. Elles ont été retenues en fonction de leur toxicité et de l’exposition possible de la population :  6 polychlorobiphényles (PCB) et trois familles chimiques de pesticides (organochlorés, organophosphorés et pyréthrinoïdes).Ces substances chimiques ou leurs produits de dégradation (métabolites) ont été dosés dans des prélèvements de sang, d’urine, ou de cheveux recueillis chez des personnes habitant en France métropolitaine et choisies aléatoirement. Les pesticides et PCB ont été dosés chez environ 400 personnes.

Les niveaux des pesticides organochlorés ( DDT, le lindane) sont globalement faibles. Toutefois une substance provenant du paradichlorobenzène, utilisé encore récemment comme antimite ou désodorisant dans les toilettes, est mesurée à des niveaux très supérieurs en France.

Les niveaux de produits de dégradation des pesticides organophosphorés se situent entre ceux des Allemands et ceux des Américains.

Pour les pesticides pyréthrinoïdes, qui sont largement utilisés (agriculture, horticulture, usage domestique…), les niveaux sont plus élevés que ceux observés aux États-Unis et en Allemagne.

De la même manière, pour les PCB, les niveaux sont plus élevés en France que ceux observés aux Etats-Unis et en Allemagne.

Le rapoort complet concernant les pesticides n’est pas publié alors que celui concernant les métaux, présentant un résultats moins catastrophique l’a été. La conclusion de l’INVS est de dire que “Les causes des écarts observés entre l’imprégnation de la population en France et à l’étranger méritent d’être élucidées : apports alimentaires ou usages des produits ?“. Rappelons que la France est le plus gros consommateurs de produits pesticides en Europe. Nous attendons la publication de l’analyse finale.

Contamination des Français par les métaux

L’antimoine a des utilisations très variées: médicaments, munitions, alliages, accumulateurs, pigments, ignifugeants, microélectronique, étains domestiques, retardateur de flamme dans les textiles, les plastiques ou autres produits combustibles.

La population générale est exposée à l’antimoine principalement par l’alimentation (viandes, les légumes, et en particulier pommes de terre, les fruits), et dans une moindre mesure par l’air et l’eau potable, et les eaux minérales du fait de son utilisation comme catalyseur de polymérisation de plastique de type polyéthylène-téréphtalate (PET).

L’antimoine et la plupart de ses composés sont toxiques. Le trioxyde d’antimoine est possiblement cancérogènes pour l’espèce humaine ; expérimentalement (cancer bronchopulmonaire). Les oxydes et de nombreux sels d’antimoine ont des propriétés irritantes (muqueuses, peau et yeux), émétiques et purgatives. L’ingestion d’antimoine peut être à l’origine d’un goût métallique et de symptômes gastro-intestinaux (vomissements, diarrhée, douleur abdominale et ulcères). Des troubles du rythme cardiaque ont aussi été signalés après des expositions médicamenteuses et professionnelles. Après une exposition aiguë par inhalation à la stibine (hydrogène d’antimoine), la toxicité observée est semblable à celle de l’arsine, conduisant à une hémolyse et une atteinte rénale.

En moyenne, l’antimoine a été retrouvé à un taux urinaire de 0,083 μg/L, une contamination comparable à celle retrouvée dans la population américaine. Les auteurs ne tirent pas de conséquences sanitaires de ce taux de contamination.

L’arsenic peut se retrouver dans l’eau ou les sols à partir de sites industriels ou de traitement des déchets. Il a de nombreux usages commerciaux. En agriculture, les composés arséniés ont principalement été utilisés comme insecticides, herbicides, fongicides. L’exposition de la population générale à l’arsenic est principalement alimentaire, en particulier par la consommation de poissons, de mollusques et crustacés contribuant pour respectivement de 49-50 % et de 8-13 % de la contamination humaine. Le principal risque de l’exposition répétée à de faibles doses est l’apparition d’un cancer, cancers cutanés (épithéliomas baso- et spinocellulaires), cancers des voies urinaires, de la vessie et des reins, des angiosarcomes hépatiques et des cancers broncho-pulmonaires. Toute exposition augmente le risque de leur survenue.

les autres conséquences sont
– dermatologiques : colorations cutanées, hyperkératoses, éruptions, mélanodermie, hyperkératose palmo-plantaire et/ou maladie de Bowen
– neurologiques: neuropathies centrales et périphériques
– hématologiques : cytopénies
– cardio-vasculaires : cardiomyopathies, hypertension artérielle, maladies ischémiques myocardiques et cérébrales, artériopathies, syndrome de Raynaud, acrocyanose et thromboangéite oblitérante des orteils dénommé “black foot disease”
– hépatiques : fibrose
– endocriniens : diabète;
– obstétriques : augmentation de la mortalité fœtale et néonatale

Dans la population Française, la concentration moyenne d’arsenic inorganique urinaire était de 3,75 μg/L et la concentration moyenne d’arsenic total urinaire était de 13,42 μg/L. Ces taux se situeraient en dessous des valeurs actuelles de référence. Ils sont selon les auteurs comparables à ceux trouvées dans les population américaines et allemandes. Elles étaient très influencées par la consommation de poissons et de crustacés ainsi que de vins et dans une moindre mesure par la consommation d’eau minérale embouteillée. Les auteurs ne tirent pas de conséquences sanitaires de ce taux de contamination.

Le cadmium a été abondamment utilisé pour protéger l’acier contre la corrosion (cadmiage). On s’en sert dans de nombreux alliages, pour la fabrication de piles et batteries (Ni-Cd), de câbles, de roulements à bille, de colorants et comme stabilisant pour les matières plastiques.

La principale source de contamination humaine par le cadmium est l’alimentation : Il est en effet bien assimilé par les végétaux (légumes, céréales) et se concentre dans les abats et les produits de la mer, les coquillages, les crustacés et les poissons.

Le cadmium est toxique surtout pour les reins, mais il peut aussi causer une déminéralisation osseuse. Il est cancérigène chez l’homme pouvant provoquer cancer du poumon, cancer de la prostate, du rein, de la vessie, du sein, de l’utérus et du testicule.Il est également toxiques pour la fertilité humaine et pour le développement fœtal.

La concentration moyenne de cadmium urinaire était égale à 0,32 μg/L, plus élevée chez les femmes que chez les hommes, une concentration jugée par les auteurs comme “assez faible”, comparables à celles mesurées aux Etats-Unis, mais toutefois supérieures à celles mesurées en Allemagne. Dans l’étude, l’âge, le sexe, l’exposition tabagique (directe ou passive) et des facteurs alimentaires comme la consommation de céréales (pain, biscottes), pommes de terre et d’eau du robinet ont été retrouvés associés à la cadmiurie.

Le chrome et ses dérivés sont utilisés comme colorants et pigments, pour le tannage des peaux, dans l’industrie textile et la préservation du bois. L’exposition par le chrome peut se produire via l’air, l’eau, l’alimentation et la fumée de cigarette.

Dans la population générale, le chrome absorbé provient principalement de l’alimentation. Les aliments les plus riches en chrome sont par ordre décroissant le chocolat, les céréales et produits céréaliers, les fromages, les abats (foie, rognons) et la charcuterie, les sucres et dérivés, les condiments, les fruits de mer. Le pain, les biscottes et les boissons non alcoolisées et les plats préparés ont été identifiées comme les vecteurs les plus importants de l’exposition alimentaire des populations. Les ustensiles de cuisine peuvent contribuer largement à l’apport. les prothèses chirurgicales sont susceptibles de libérer de grandes quantités des métaux qui les constituent en particulier du chrome.

Les conséquences d’une exposition au chrome peuvent être dermatologiques, dermatites de contact, une irritation nasale, des ulcères digestifs (estomac, intestin grêle), une cytolyse hépatique, une anémie et une atteinte rénale. On également été constaté expérimentalement des lésions testiculaires, une altération de la qualité spermatique et des malformations foetales.

La concentration moyenne de chrome urinaire dans cette étude était de 0,19 μg/L, une concentration jugée assez faibles et comparables à ceux observés en allemagne. Les facteurs alimentaires retrouvés associés à un taux de chlore élevé étaient la consommation de coquillages et crustacés et la consommation de bière ou de cidre.

Le cobalt est utilisé pour produire des alliages très résistants (aviation, moteur, pneu, airbag), des aimants, des scies, des forets), des ustensiles de cuisine et des  alliages dentaires et chirurgicales. Pour la population générale, l’exposition au cobalt est principalement alimentaire : chocolat, mollusques et crustacés, les fruits secs et graines oléagineuses et les pâtes.

L’exposition répétée peut être à l’origine d’une irritation des voies respiratoires, une rhinite et d’un asthme allergiques. Le cobalt est cardiotoxique. Il peut aussi produire une hypothyroïdie et une hyperplasie thyroïdienne. Expérimentalement, le cobalt a entraîné une oligospermie, une asthénospermie et une diminution de la fertilité. Il peut entrainer un excès de risque de cancer bronchopulmonaire.

La concentration moyenne de cobalt urinaire était de 0,24 μ/L, comparable à celle d’autres pays. La consommation de produits laitiers mais aussi de légumes et de fruits était associée à une augmentation de cobalt urinaire.

L’étain est utilisé pour l’étamage du fer (fer blanc) et du cuivre, dans différents alliages (bronze avec le cuivre) et matériaux de soudure (Pb-Sn), pour de multiples applications (plomberie, électricité, bijouterie, amalgames dentaires, etc.). Il est également employé pour la production de récipients pour les aliments, les boissons, et les aérosols. Pour la population générale, les principaux apports d’étain sont alimentaires. La contamination quotidienne par l’alimentation, l’eau et l’environnement est estimée à environ 1-3 mg d’étain total par jour. Elle est principalement due aux résidus dans les végétaux comestibles traités, haricots, légumes, fruits, ainsi qu’aux œufs, lait, viande, vins, eau, pâtisseries et surtout poissons et produits de la mer.

L’exposition répétée à des inorganiques l’étain peut être responsable de dermites d’irritation, de rhinite et de bronchite chroniques. Quelques cas d’eczéma de contact sont rapportés, mais la sensibilisation à l’étain semble exceptionnelle. Une inhalation par voie orale ou une contamination par voie cutanée peut-être neurotoxique, immunotoxiques et reprotoxiques (sur le développement fœtal). Il a des effets perturbateurs endocriniens pour l’homme. Les effets les plus souvent rapportés chez l’homme sont des troubles mentaux organiques (asthénie, céphalées, difficultés mnésiques et de concentration, irritabilité, hyperémotivité, insomnie, diminution de la libido) ; plus rarement, des encéphalopathies sévères.

La concentration moyenne d’étain urinaire était de 0,57 μg/L. 1,2% de la population dépassaient la valeur de 5 μg/g. Ces taux sont jugés par les auteurs plus faibles que ceux retrouvés aux Etats-Unis et en Allemagne. La consommation de fruits et légumes était associée à une augmentation des concentrations d’étain urinaire.

Le mercure est utilisé dans les équipements électriques, des piles, des lampes (notamment les nouvelles ampoules à faible consommation d’énergie), les manomètres, baromètres, les amalgames dentaires et sert à la récupération des métaux précieux. Il a été utilisé pour la dorure et la production de miroirs. Il est encore largement utilisé par les chercheurs d’or, notamment en Guyane française. Il s’accumule le long de la chaîne alimentaire, en particulier aquatique ; les poissons carnivores (en eau douce : brochets, perches, etc. ; en eau de mer : thons, espadons, requins, etc.) et les mammifères marins à longue durée de vie présentent les teneurs les plus élevées.

Les apports de mercure sont principalement alimentaires, essentiellement du fait de la consommation de poissons (la sardine ou l’anchois apporte, en moyenne, 100 μg de mercure organique /kg ; la consommation d’un prédateur comme le thon ou l’espadon en apporte 500 μg/kg, en moyenne et parfois plus de 1 mg/kg). L’apport moyen journalier de mercure pour la population française est estimé à 9,7 μg chez les adultes de 15 ans et plus et à 7,9 μg pour les enfants de 3 à 14 ans. Les amalgames dentaires sont la principale source de mercure inorganique. L’apport quotidien qui leur est attribué est augmenté par la consommation fréquente de chewing-gum qui facilite la libération de mercure par les amalgames.

Après absorption, le mercure inorganique (métal, sels) se retrouve essentiellement dans les reins et, dans une moindre mesure, dans le cerveau. Ilest fœtotoxique. Sa tératogénicité est établie dans plusieurs espèces animales. Le mercure élémentaire peut provoquer des atteintes du système nerveux, des reins et des poumons s’il est inhalé. Les principaux effets systémiques du mercure inorganique consistent en des lésions rénales (tubulaires, dose dépendante et glomérulaire, par un mécanisme immunotoxique) et des atteintes du système nerveux (encéphalopathie se traduisant par une détérioration intellectuelle, troubles de la personnalité et un syndrome cérébelleux: tremblements, troubles de l’équilibre et de la coordination…). Il passe la barrière placentaire. Les populations les plus à risque sont les enfants en bas âge et les femmes enceintes et allaitantes. L’exposition prénatale peut compromettre le développement du système nerveux central du fœtus et provoquer des retards de développement. Les enfants peuvent aussi être exposés par leur mère via le lait maternel. Les effets neurotoxiques ont été décelés quand elles dépassent respectivement 200 μg/L et 50 μg/g, et chez l’enfant des effets neurotoxiques ont été rapportés pour des concentrations capillaires dépassant 10-20 μg/g de cheveux chez les mères.

Les résultats indiquaient que la concentration moyenne de mercure dans les cheveux des français était de 0,37 μg/g de cheveux pour les enfants de 3 à 17 ans et de 0,59 μg/g de cheveux pour les adultes de 18 à 74 ans (tableau 41). La moyenne chez les femmes en âge de procréer (18-45 ans) était de 0,53 μg/g.Ces concentrations de mercure étaient jugées relativement faibles par les auteurs. Ces concentrations de mercure sont supérieures à celles des Allemands et des Américains.

L’imprégnation par le mercure est également influencée par l’alimentation, la consommation de poisson étant le facteur majeur. Ainsi, on a observé une relation nette entre la concentration de mercure dans les cheveux et la fréquence de la consommation des produits de la mer (poisson, coquillages et crustacés).

Le nickel est utilisé dans les ustensiles de cuisine, pièces de monnaie, boutons, mécanique automobile, aviation, agroalimentaire, plomberie, équipements ménagers, prothèses dentaires et chirurgicales, la fabrication de batteries (Cd/Ni). Les ciments contiennent souvent des traces de nickel.

le nickel pénètre dans l’organisme essentiellement par l’alimentation. Les aliments les plus riches en nickel sont les végétaux (légumes et céréales), et en particulier le cacao et le chocolat, le soja, les légumes secs, les noix et les céréales. Les ustensiles de cuisine et la robinetterie participent aussi à l’apport par voie orale, qui de leur fait, peut atteindre 1 mg/j.

L’exposition répétée produit une irritation une rhinite, ulcérations de la cloison nasale, anosmie, sinusite, bronchite chronique, asthmes allergiques. Les eczéma de contact au nickel sont très fréquentes (10 % des femmes et 1 à 2 % des hommes). Des atteintes rénales tubulaires, des cancers broncho-pulmonaires, des fosses nasales et des sinus ont été rapportées chez des travailleurs exposés au nickel. Dans l’Union européenne, les carbonates, chlorures, hydroxydes, nitrates, oxydes, sulfates et sulfures de nickel sont classés en catégorie 1A des agents cancérogènes.

La concentration urinaire moyenne de nickel était de 1,36 μg/L. 1 % de la population avait une concentration urinaire de nickel supérieure à 7,53 μg/L. Ce taux est jugé assez faible par les auteurs et comparables à ceux observés en Espagne mais inférieurs à ceux observés au Canada.La concentration urinaire de nickel augmentait avec la consommation de fruits et légumes. Ceci pourrait s’expliquer par le fait que les légumes ainsi que les céréales figurent parmi les aliments les plus riches en nickel.

Le Plomb est utilisé dans la fabrication de batteries, de soudures, d’alliages métalliques, de matières plastiques, de verre (surtout le cristal), de munitions. Des dérivés inorganiques du plomb (en particulier le sulfure) sont parfois utilisés dans certains cosmétiques traditionnels (Khôl, surma). Des pharmacopées traditionnelles continuent d’employer le plomb, généralement à l’insu des utilisateurs. Des petites quantités de plomb peuvent aussi être émises par la combustion de combustibles fossiles.  En France, les concentrations atmosphériques de plomb en zone urbaine sont aujourd’hui généralement inférieures à 0,2 μg/m3.

Les aliments les plus contaminés par le plomb sont les crustacés, les mollusques, les abats, mais aussi le pain, le sucre et ses dérivés. L’apport moyen journalier estimé pour la population française est de 18 μg chez les adultes de 15 ans et plus et de 13 μg pour les enfants de 3 à 14 ans, les boissons, les légumes, les fruits, et les céréales contribuant le plus à cet apport : le pain et les biscottes, les soupes, les légumes, les fruits, l’eau de boisson, les boissons non alcoolisées, les boissons alcoolisées et les sucres et dérivés) et moins de 5 % pour les autres vecteurs. Le vin contient plus de plomb que l’eau.

Ses effets sur le système nerveux central diffèrent selon l’importance de l’exposition. Les fortes contaminations provoquent des troubles de la conscience, des convulsions et divers syndromes neurologiques. Des intoxications plus modérées  (400 μg/L) sont à l’origine d’une détérioration intellectuelle, des troubles de l’humeur (irritabilité) et de la personnalité, des certains troubles du comportement et de l’altération de la dextérité manuelle. Chez le jeune enfant dont le système nerveux n’est pas encore mature, notamment in utero. les effets neurologiques du plomb sont sans seuil: même une faiblez exposition au plomb peut nuire au développement intellectuel, au comportement, à la croissance et à l’audition des nourrissons. Chez le jeune enfant, une élévation de 100 μg/L de la plombémie entraîne une diminution d’un à cinq points du QI (en moyenne de deux à trois points au-delà de 100 μg/L, quatre à cinq points entre 0 et 100 μg/L). L’intoxication par le plomb chez l’enfant, appelé saturnisme infantile, est une maladie à déclaration obligatoire. Le plomb a également une toxicité rénale et augmente la pression artérielle chez les adultes. Il peut augmenter les risques d’avortement spontanés, d’accouchement prématuré et/ou de petit poids de naissance ( 250 μg/L), altérer la qualité du sperme (350-400 μg/L). Le plomb est un agent probablement cancérogènes pour l’homme, notamment pour les cancers cérébraux, de l’estomac et du rein.

La moyenne des plombémies était de 25,7 μg/L. 2% de la population des plombémies supérieures à 100 μg/L, ce qui défini une plombémie! Cependant les auteurs comparant ces résultats à une ancienne étude menée chez des appelés du contingent en 1995 (plombémie moyenne de 44,5 μg/L, estiment satisfaisant les résultats car en baisse. Ces résultats sont-ils véritablement comparables? Par ailleurs ces taux restent très largement surpérieurs à ceux mesurés aux Etats-Unis et au Canada.

Dans cette étude, la consommation d’alcool était, après l’âge, le facteur qui influençait le plus la plombémie. Citons également le tabagisme, l’ancienneté du logement du fait de peinture au plomb et certaines activités de loisirs telles que la poterie ou le tir.

Source

Exposition de la population française aux substances chimiques de l’environnement

L’InVS publie pour la première fois les mesures de concentration biologiques de plusieurs polluants de l’environnement dans la population française : des niveaux de référence

Crédit Photo Creative Commons by C. G. P. Grey

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