mardi 27 septembre 2016

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l’ONU réclame un fond d’indemnisation pour les victimes de viols en République Démocratiques du Congo

Dans un rapport, basé sur les témoignages de plusieurs des centaines de milliers de victimes, un panel d’experts de l’ONU recommande la création d’un fond d’indemnisation pour les victimes de viol au Congo. Ces milliers de victimes, des femmes, des enfants et des hommes, violés au cours de la guerre qui a ravagé le Congo  durant 12 ans ont besoin d’une assistance spécifique incluant une assistance médicale plaident les experts.

Le nombre de femmes violées par les soldats de l’armée de RDC, par les troupes armées rebelles de RDC et des pays voisins, est estimé à 200 000 au cours des 12 années de guerre. “Les victimes sont souvent abandonnées, seules, en proie aux conséquences physiques, psychologiques et matériels de ces actes qui n’ont pas seulement détruit leur vie mais aussi la vie de leurs enfants” explique un porte-parole de l’ONU.

Le droit à une réparation et à une assistance médicale est inscrite dans les lois internationales sur les droits de l’homme, et cela même si seulement quelques cas pourront être portés devant une cours de justice en RDC.

Pour écrire leur rapport les experts de l’ONU se sont rendu pendant 17 jours en RDC où ils ont pu entendre les témoignages de 61 personnes âgés de 3 à 61 ans, survivants de la violence sexuelle des troupes armées. Certains d’entre eux ont contracté le HIV suite au viol, d’autres sont tombées enceintes, et certaines femmes violées ont ensuite été rejetées par leur mari et leur famille.

Selon le rapport de l’ONU, bien que quelques programmes existent pour aider ces victimes de violences sexuelles, en particulier des services médicaux au sein des villes, les besoins réels de la population ayant subi ces sévices ne sont actuellement pas pris en compte. La plupart des femmes violées habitant en dehors des villes ne peuvent rejoindre ces centres médicaux.

Le Dr Denis Mukwege, membre des experts de l’ONU recommande “un meilleur accès aux soins médicaux, aux conseils psychologiques et à un conseil juridique, en particulier pour les populations vivant en dehors des villes, où des antennes médicales mobiles seraient utiles”. Un gynécologue, le Dr Mukwege, a expliqué que de nombreuses femmes violées n’ont toujours été dépistées pour le VIH et qu’il est à présent trop tard pour tenter un traitement préventif de la maladie.

L’hôpital de Panzi a, au cours des dix dernières années pris en charge des milliers de victimes de viols mais les moyens manquent. Cet hôpital a un personnel de 240 personnes mais seulement 24 médecins et 65 infirmières. En particulier l’hôpital aurait besoin d’urologues afin de traiter les nombreuses femmes ayant des lésions de la vessie suite aux viols.

Le rapport des Nations-Unis note que la plupart des victimes interviewés étaient incapables de demander justice car incapables d’identifier leurs bourreaux : “Les victimes ont le droit à des réparations, incluant la restitution, la compensation, la réhabilitation et la guarantie d’une future protection.

Le groupe d’expert recommande donc la création d’un fond de soutien qui sera géré par le gouvernement de la RDC, les Nations-Unis, les donateurs et les victimes elles-mêmes. “Faire passer les stigmates des victimes aux bourreaux aura un grand impact sur la capacité des victimes à recouvrer leur dignité et à reconstruire leur vie” explique le rapport “Briser le silence et mobiliser le soutien du public pour ces victimes peut-être la plus importante forme de réparation”.

Source

UN report outlines stark situation of victims of sexual violence in DR Congo
GENEVA (3 March 2011)

UN recommends reparations fund to help those who were raped in Congo
John Zarocostas
BMJ 2011;342:d1501

CRédit Photo Creative Commons by Julien Harneis (UNICEF Fighting in North Kivu is threatening the lives of children)

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