dimanche 4 décembre 2016

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Les oméga-3 réduisent le risque de DMLA

Environ 9 millions d’américain (et 1 million de français) âgés de 40 ans ou plus montrent des signes de dégénérescence liée à l’âge (DMLA). 25% de ces patients évolueront vers la forme la plus grave entrainant une perte de vision sévère. Actuellement un traitement thérapeutique est utilisable seulement chez une petite partie des patients étant déjà à un stade avancé de la maladie. C’est pourquoi, trouver des moyens capables de prévenir ou de retarder le déclenchement de la DMLA serait d’un apport important pour les patients. Le seul moyen aujourd’hui prouvé est chez les fumeurs, d’arrêter de fumer.

On pense que la DMLA, qui est caractérisée par une atteinte des vaisseaux de la rétine, partage un mécanisme identique à celui des atteintes artérielles aboutissant aux maladies cardiovasculaires. Un apport en acides gras oméga-3 présent dans le poisson (acide docosahexaénoïque [DHA] et acide eicosapentaénoïque [EPA]), a montré qu’il pouvait réduire la survenue d’évènements cardiaques dans certaines conditions. Les acides gras oméga 3 exercent un effet anti-inflammatoire, anti-athérosclérotique et anti thrombotique sur les vaisseaux artériels, ce qui pourrait aider le flux sanguine des vaisseaux choroïdiens. On retrouve d’ailleurs des acides gras oméga 3 et oméga-6 dans la rétine et ces taux varient en fonction de l’alimentation. Ce sont des composant important des photorécepteurs de la rétine.

Des scientifiques de l’université Harvard à Boston ont estimé intéressant d’évaluer si la prise d’acides gras oméga-3 pouvait avoir un effet sur le risque de DMLA.

38 022 femmes, indemne de pathologies ophtalmologiques, ont rempli un questionnaire de 131 questions concernant leur alimentation. Ce questionnaire a permis d’évaluer la quantité consommée de différents poisons et crustacés et à abouti au calcul de la consommation d’acide gras oméga–3  (DHA, EPA, acide docosapentaénoïque, et acide linolénique) et d’acides gras oméga-6 (acide linoléique et AA). Les femmes ont ensuite été suivies pendant 10 années. Au cours de ces années, 235 cas de DMLA ont été diagnostiqués. La plupart des patients avaient une association de drusen et de RPE.

Lorsque les femmes sont divisées en trois groupes en fonction de la quantité d’oméga-3 et d’oméga-6 absorbés, les résultats montrent que les femmes du groupe consommant le plus d’oméga 3 et d’oméga 6 ont un risque de survenue de DMLA réduit de 38% par rapport à celles en consommant le moins. Cette relation inverse, plus de consommation=moins de DMLA est retrouvée pour la consommation d’EPA (risque réduit de 36%), pour la consommation de DHA+EPA (risque réduit de 38%) Elle n’a pas été retrouvée pour l’acide alpha- linolénique.

Ces bénéfices persistaient après ajustement pour tous les autres facteurs de risque de DMLA.

Cette large étude ayant regoupé 38 022 femmes montre que la consommation régulière de DHA (acide docosahexaénoïque) et d’EPA (acide eicosapentaénoïque) ainsi que de poisson, s’associe à une réduction de 35% à 45% du risque de survenue d’une DMLA sur un suivi de 10 ans.

Source

Dietary -3 Fatty Acid and Fish Intake and Incident Age-Related Macular Degeneration in Women
William G. Christen, ScD; Debra A. Schaumberg, ScD; Robert J. Glynn, ScD; Julie E. Buring, ScD
Arch Ophthalmol. Published online March 14, 2011. doi:10.1001/archophthalmol.2011.34

Crédit Photo Creative Commons by Community Eye Health Journal photos

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