dimanche 4 décembre 2016

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Certains médicaments antidiabétiques augmentent le risque d’infections

Une étude de pharmacovigilance ayant recherché les effets secondaires potentiels des antidiabétiques oraux, retrouve qu’une classe d’antidiabétiques appelée inhibiteur du DPP-4 ou gliptine, augmentent le risque d’infections respiratoires hautes.

Cette classe d’antidiabétique, les inhibiteur du DDP-4 (dipeptidyl peptidase-4 inhibitors) inhibent la dégradation de certaines hormones, les incrétines. Les incrétines sont des hormones gastro-intestinales qui stimulent la sécrétion d’insuline lorsque la glycémie est trop élevée, ralentissent la vidange de l’estomac et limitent la libération du glucagon, une hormone hyperglycémiante. Toutefois ces incrétines sont rapidement dégradées par le dipeptidyl-peptidase 4 (DPP-4). L’inhibition de ce DDP-4 permet alors de maintenir plus longtemps actives les incrétines et d’aider au contrôle de la glycémie. Cependant ces inhibiteurs de la DDP-4 ont aussi d’autres effets. En particulier, ils se fixent sur certains globules blancs jouant un rôle dans l’immunité. Cela pourrait augmenter le risque d’infections chez les patients diabétiques utilisant ces médicaments. C’est ce qu’ont voulu évaluer des scientifiques des Pays-Bas.

Pour cela ils ont travaillé à partir d’une banque de données de l’OMS qui regroupe tous les effets secondaires recensés avec les antidiabétiques oraux. Ils ont comparé la survenue des infections (106 469 infections dans la banque de donnée) et la survenue d’autres effets secondaires (305 415 effets secondaires ans la banque de donnée) en fonction des médicaments pris par les patients au moment de chacune de ces infections ou des effets secondaires. Il s’agissait de pneumonies dans 11?8% des cas, de rhinopharyngites dans 10,1% des cas, d’infections urinaires dans 6,2% des cas, de sinusites dans 5% des cas , de bronchite dans 4,8% des cas, et d’autres infections dans 5,5% des cas. En particulier le risque de souffrir d’une infection respiratoire haute en prenant un inhibiteur de la DDP-4 était multiplié par 12,3.

Cette étude  tend à confirmer un risque que le mode d’action du médicament laissait suspecter. D’ailleurs, les rhinopharyngites, les bronchites aiguës, les sinusites étaient déjà souvent retrouvées comme effets secondaires au cours des études menées avant la commercialisation de ces médicaments.

“Les patients traités avec un inhibiteur de la DDP-4 pourraient en général être plus sévèrement malades que des patients traités, par exemple avec un biguanide ou un sulfonyluré” (deux autres sortes de médicaments antidiabétiques) écrivent les auteurs. Cependant, dans l’étude, la plupart des patients ayant eu une infection prenaient comme seul médicament un inhibiteur de la DDP-4, indiquant que leur diabète ne devait pas être grave. Les infections chez un diabétique, même si elles ne sont pas graves peuvent affecter la qualité de vie des patients soulignent encore les auteurs.

De nouvelles études doivent se poursuivre afin de bien caractériser ce risque infectieux et les médecin doivent continuer de rapporter les survenues d’infections chez les patients traités aux centres de pharmacovigilance concluent les auteurs.

Source

Use of Dipeptidyl Peptidase-4 Inhibitors and the Reporting of Infections: A Disproportionality Analysis in the World Health Organization VigiBase
Marjolein J. Willemen, Aukje K. Mantel-Teeuwisse, Sabine M. Straus, Ron H. Meyboom, Toine C. Egberts, Hubert G. Leufkens
Diabetes Care January 26, 2011 vol. 34 no. 2 369-374

Crédit Photo Creative Commons by bodytel

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