samedi 3 décembre 2016

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Du sexe, et régulièrement, pour échapper à l’infarctus

Une activité physique régulière s’associe avec une réduction des accidents cardiovasculaires et aux décès qui y sont liés. Pourtant, malgré cette démonstration bien établie, on constate également que la pratique d’exercices physiques ou d’autres efforts physiques aigus comme un rapport sexuel, peuvent aussi être des facteurs déclenchant d’accidents cardiovasculaires.

Des scientifiques de Boston ont voulu vérifier cette deuxième affirmation et en définir éventuellement le risque réel en réanalysant ensemble 14 études publiées sur le sujet.

Dix études évaluaient le risque cardiaque au cours d’une activité physique, 3 au cours d’un acte sexuel et une évaluait les deux ensemble. Les accidents cardiaques analysés étaient la survenue d’un infarctus de myocarde, d’un accident coronarien aigu ou d’une mort subite.

Les auteurs retrouvent effectivement que la pratique d’une activité physique multiplie par 3,5 le risque d’infarctus du myocarde et qu’un rapport sexuel le multiplie par 2,7. Mais c’est surtout l’absence d’entrainement qui est à risque : pratiquer un exercice physique de manière épisodique accroit ce risque qui est alors multiplié par 4,7. Cet effet déclencheur d’une heure d’activité physique par semaine provoquera un infarctus du myocarde chez 2 à 3 personnes sur 10 000 par an. De même, avoir un rapport sexuel déclenchera un infarctus du myocarde chez 1 personne sur 10 000 et par an. Mais encore une fois, ceux pratiquant régulièrement une activité physique ou ayant régulièrement des rapports sexuels sont les moins concernés. C’est, pratiquer subitement une activité physique quand l’on n’est plus entrainé ou avoir un rapport sexuel là aussi de manière isolé, qui est à risque. Pour chaque épisode hebdomadaire d’entrainement physique supplémentaire, le risque identifié plus haut décroit de 45%, et de 30% pour chaque rapport sexuel hebdomadaire supplémentaire. Autrement dit, pour échapper au risque, il faut maintenir au moins 3 entrainements physiques par semaine ou avoir la chance de bénéficier d’au moins trois rapports sexuels hebdomadaires. Faire les deux devrait être idéal pour le coeur.

Illustration : décès de Felix Faure

Le 16 février 1899, Félix Faure téléphone à Marguerite Steinheil et lui demande de passer le voir en fin d’après-midi. Quelques instants après son arrivée, les domestiques entendent un coup de sonnette éperdu et accourent : allongé sur un divan, le président râle tandis que Marguerite Steinheil réajuste ses vêtements en désordre. Félix Faure meurt quelques heures plus tard. La rumeur veut que Faure soit mort dans les bras de sa maîtresse Marguerite Steinheil. Dès les jours qui suivent, le Journal du Peuple avance qu’il est mort d’avoir « trop sacrifié à Vénus », c’est-à-dire d’un effort excessif dans le cadre de l’acte sexuel. La plaisanterie populaire va jusqu’à préciser que c’est par une fellation, que la maîtresse provoqua l’orgasme fatal. On raconte que l’abbé qui fut mandé par l’Élysée aurait demandé : « Le président a-t-il toujours sa connaissance ? ». Un domestique lui aurait alors répondu : « Non, elle est sortie par l’escalier de service ». Marguerite Steinheil fut alors surnommée la « Pompe funèbre ». Les chansonniers de l’époque disent de lui : « Il voulait être César, il ne fut que Pompée ». (source wikipédia)

Source

Association of Episodic Physical and Sexual Activity With Triggering of Acute Cardiac Events
Issa J. Dahabreh, Jessica K. Paulus
JAMA. 2011;305(12):1225-1233. doi: 10.1001/jama.2011.336

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