dimanche 4 décembre 2016

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La pollution automobile accroit le risque de rejet d’une greffe d’organe

Les patients ayant bénéficié d’une greffe pulmonaire ont un risque de rejet multiplié par deux de leur greffe dans les 5 années suivant la greffe lorsqu’ils vivent à proximité d’une route à fort trafic, retrouvent des scientifiques Belges qui publient leurs résultats dans la revue médicale Thorax.

Ces scientifiques ont suivi 281 patients transplantés dans un seul hôpital entre 1997 et 2008. Ils ont analysés les sources de pollution liées aux routes à fort trafic situées à proximité des domiciles des patients. La pollution automobile pourrait en effet avoir un impact sur la survie des patients, sachant qu’elle pollution favorise les mécanismes de l’inflammation. Environ la moitié des patients qui ont bénéficié d’une transplantation pulmonaire développent une inflammation importante dénommée bronchiolite oblitérante dans les 5 années suivant la greffe. Ce syndrome, causé par une hyper activation du système immunitaire, est cliniquement équivalent à un rejet de l’organe transplanté, et est plus fréquemment retrouvé à la suite de transplantation pulmonaires que d’autres organes, probablement parce que les poumons peuvent être au contact de la pollution aérienne expliquent les auteurs.

Au cours du suivi médicale, 117 patients (41%) ont développé une bronchiolite oblitérante. 61 en sont décédés. Le sexe, l’âge, la méthodologie de transplantation n’influençait pas le risque de décès. Mais, clairement, la proximité d’une route à fort trafic avait un impact négatif sur la possibilité de survie des patients. Ceux qui vivaient à une distance inférieure à 171 mètres d’une telle route développaient deux fois plus de bronchiolite oblitérante et avaient un risque de décès multiplié par deux en comparaison avec les patients vivant à distances de tels axes. Les scientifiques sont même parvenus à calculer que multiplier par 10 l’éloignement des patients d’un axe routier à fort trafic réduit de 43% leur risque de développer une bronchiolite oblitérante, et réduisait leur mortalité de 28%.

Les prélèvements pulmonaires effectués par un lavage pulmonaire ont confirmé l’implication de la pollution automobile dans l’inflammation pulmonaire survenant chez les patients : plus ils habitaient loin d’une route à fort trafic, plus les marqueurs de l’inflammation étaient bas.

Cette analyse, conclue les auteurs, démontre que 25% des cas de bronchiolite oblitérante et 28% des décès, survenant chez des transplantés pulmonaires au cours des 5 premières années sont causés par les émissions des automobiles.

Source

The impact of traffic air pollution on bronchiolitis obliterans syndrome and mortality after lung transplantation
Tim S Nawrot, Robin Vos, Lotte Jacobs, Stijn E Verleden, Shana Wauters, Veerle Mertens, Christophe Dooms, Peter H Hoet, Dirk E Van Raemdonck, Christel Faes, Lieven J Dupont, Benoit Nemery, Geert M Verleden, Bart M Vanaudenaerde. Thorax, 2011

Crédit Photo Creative Commons by MHZmaster

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