dimanche 4 décembre 2016

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La contamination du poisson par le mercure n’altère pas son effet protecteur sur le coeur

Il est fortement conseillé de manger du poisson plusieurs fois par semaine, en particulier pour leur oméga-3. Afin de bénéficier de leur effet protecteur sur les maladies cardiovasculaires : effet bénéfique sur le risque de maladie coronaire, d’accidents vasculaires cérébraux. Cependant, nombreux sont les poissons aujourd’hui contaminés par du mercure, et ce d’autant plus que ces poissons sont carnivores et à l’extrémité de la chaîne alimentaire.

Or la contamination par le mercure est reliée à des troubles du développement de l’enfant ; en conséquence il est recommandé aux femmes enceintes et allaitantes de ne pas manger de poisson plus de deux fois par jour. Chez l’adulte, le problème principal du mercure est sa toxicité cardiovasculaire.

Les conséquences de ces absorptions minimes mais répétées de mercure par la consommation régulière de poisson, ne sont pas clairement identifiées.

Afin de déterminer l’impact du mercure contaminant le poisson sur la santé humaine, des scientifiques américains ont suivi deux groupes de population, l’une constituée de 51 529 hommes âgés de 40 à 79 ans (en 1986) et l’autre de 121 700 femmes âgées 30 à 55 ans (en 1976).

La méthode de recueil de la contamination humaine par le mercure est étonnante mais facile ; il suffit d’obtenir un morceau d’ongle, à partir duquel le dosage de mercure, pouvait être réalisé au début de l’étude.

Au cours du suivi, 3427 participants eurent une maladie cardiovasculaire, dont 1532 un infarctus non fatal, 831 un infarctus fatal, et 1064 un accident vasculaire cérébral.

La concentration de mercure retrouvée chez les participants est bien corrélée à la consommation de poisson et d’oméga-3. Cependant, après avoir pris en compte tous les facteurs confondant pouvant influencer les résultats, les scientifiques retrouvent que, aux variations et aux concentrations retrouvées dans l’étude, le mercure n’influence pas négativement le pronostic. Les hommes et les femmes ayant les taux les plus élevés de mercure n’ont pas de risque supérieur de maladie coronaire. Ils avaient même tendance à avoir moins de maladies coronaires et d’accidents vasculaires cérébraux, sans que cela n’atteignent un seuil significatif après ajustement.

Ces résultats tendent à montrer que l’exposition des adultes au mercure ingéré par la consommation de poisson, n’engendre pas d’excès de pathologie cardiovasculaire. La concentration moyenne de mercure retrouvé était de 0,68 micro grammes au niveau de l’ongle, de 1 micro gramme au niveau des cheveux. Ces taux sont similaires à ceux enregistré au cours de deux petites études ayant préalablement retrouvé une influence négative du mercure sar la santé cardiaque.

Cette étude ne permet pas de dire que des doses plus élevées de mercure n’auront pas d’effet sur le cœur et les vaisseaux. La consommation de poisson plusieurs fois par semaine reste donc un élément important de la nutrition préventive contre les maladies cardiovasculaires.. Les recommandations de limitation de ces consommations chez les femmes enceintes et allaitantes doivent se poursuivre.

Source

Mercury exposure and risk of cardiovascular disease in two US cohorts
Dariush Mozaffarian, M.D., Dr.P.H., Peilin Shi, Ph.D., J. Steven Morris, Ph.D., Donna Spiegelman, Sc.D., Philippe Grandjean, M.D., David S. Siscovick, M.D., M.P.H., Walter C. Willett, M.D., Dr.P.H., and Eric B. Rimm, Sc.D.
N Engl J Med 2011; 364:1116-1125 March 24, 2011

Crédit Photo Creative Commons by bbum

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