samedi 3 décembre 2016

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Cinéma : Allez voir WASTELAND

Jardim Gramacho, littéralement le jardin de Gramacho en Brésilien, est un immense dépôt d’ordures aux portes de Rio de Janeiro, l’endroit où habitent les “catadores”, qui se nourrissent et vivent du recyclage, une vie durement gagnée sur ce monceau de rejets de notre société. Le film présenté pour la première fois en 2010 fait le tour du monde et a récolté une collection impressionnante de récompenses. Mais l’intérêt de réside pas dans cette reconnaissance. Des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants ont créé là, la favéla la plus dangereuse de la commune de Rio. A travers ce documentaire, Lucy Walker, la réalisatrice, suit l’artiste Vik Muniz, brésilien de naissance, et artiste brésilien contemporain le plus célèbre, venu photographier les “catadores”.

Jardin Gramacho est décrit par les brésiliens comme l’endroit où “Toutes les choses mauvaises échouent, y compris les hommes”. En voyant Wasteland vous allez découvrir des hommes et des femmes remarquables, vous allez découvrir ce que vos yeux refusent souvent de voir, le bout de la chaine de notre société,

L’idée de l’artiste Vik Muniz, qui décrit Rio comme Saint Tropez cerné par Mogadiscio,  est de transformer la vie des catadores grâce à l’art : “l’instant où une chose se transforme en une autres est l’instant le plus magnifique” explique t-il. L’ensemble de son  travail sur place a été revendu dans des galeries et des expositions et toutes les sommes obtenues ont été directement reversées aux “catadores”.  La réalisatrice a été littéralement séduite par les acteurs du documentaire, elle n’attendait pas que sa vie soit bouleversée à ce point par cette expérience.

Au loin, entre deux montagnes d’immondices, se dresse le Christ rédempteur, symbole international de Rio, de ses plages et de sa joie de vivre  mais “même le christ nous tourne le dos” disent les “catadores” en souriant, la statue effectivement regarde de l’autre côté.

Ce dépôt d’ordures est le seul endroit de Rio où se mélangent les extrémités sociales de la ville, les ordures chic de la ville et les pauvres déchets des favélas, et tous ces symboles négatifs de notre cultures et de notre bien être, que l’on pense faire disparaître en les jetant, réapparaissent ici, à Jardim Gramacho. Les catadores vont les trier et les revendre. En recyclant les cannettes en aluminium, les bouteilles en plastique et les papiers, ils peuvent gagner leur vie et obtenir presque 2 fois le salaire minimum actuellement en cours au Brésil (325 euros). Après le carnaval, ils récupèrent les costumes mis au rebut, et lorsque la compagnie nationale, la Varig, change les uniformes de ses équipes et jette les anciens à la poubelle, les “catadores” apparaissent subitement habillés en pilotes et hôtesses de l’air.

Les catadores sont honnêtes entre eux, ils ne touchent pas aux objets récupérés par un autre. Et rien n’altère leur bonne humeur et leur humour, “Je vais passer à la télé” dit l’un, heureux d’être filmé, “Oui, sur la chaine animalière” répond l’autre. Les carrières dans les favélas sont réduites : prostitution, trafic de drogue ou recyclage, et les catadores ont choisi : pour eux ce sera le recyclage à vie, et ils sont fiers de ce choix, ils savent qu’ils jouent un rôle essentiel, qu’ils sont les gardien de l’environnement.

Allez voir Wasteland! Vous aimerez Zumbin  l’intellectuel qui a créé une bibliothèque recyclée, vous aimerez Irma, la cuisinière dont les plats, constitués des aliments jetés par de trop gros consommateurs blasés, chauffent sur le méthane émis par les ordures, vous serez impressionné par Valter, 26 ans de Jardim, un homme toujours debout toujours encourageant pour ses alter ego, “le combat sera long, mais la victoire certaine”, dit-il.

Allez voir Wastland, ce film va recycler vos esprits…

Source

Waste Land Website

The guardian

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Waste Land Website

The guardian

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