dimanche 4 décembre 2016

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Traitements du diabète : comparaison des effets secondaires entre 2 thiazolidinediones

 

La troglitazone, une thiazolidinedione, fut retirée du marché pour toxicité sur le foie. Le muraglitazar, un inhibiteur de la DDP IV a échoué à être mis sur le marché pour cause d’effets secondaires sur le cœur. La rosiglitazone et la pioglitazone sont les 2 thiazolidinediones disponibles aux US et dans de nombreux pays du monde dont en France, il y a encore peu de temps. Mais des preuves importantes sont apparues, montrant que ces deux médicaments antidiabétiques pouvaient augmenter le risque d’insuffisance cardiaque et de fractures, sans que l’on sache précisément s’il existe des différences sur ces effets entre les deux médicaments. Actuellement, l’EMA a demandé la suspension de la rosiglytazone en Europe, alors qu’il reste en vente aux Etats-Unis (la suspension du médicament a eu lieu le 23 septembre 2010 en France).

Des scientifiques Anglais ont mené une analyse conjointe de plusieurs études (méta-analyse) pour évaluer l’effet de chacune des 2 molécules sur le cœur et sur la mortalité des patients qui les ont utilisé.

Seize études ont été sélectionnées incluant 429 000 patients traités par rosiglitazone et 381 000 patients traités par pioglitazone, sur une durée de 105 jours et 5 années, chez des patients âgés de 54 à 76 ans.

En comparaison avec la pioglitazone, les scientifiques retrouve un risque augmenté de 16% des infarctus du myocarde avec la rosiglitazone, un risque augmenté de 22% de l’insuffisance cardiaque, et un risque de mortalité augmenté de 14%.

Toujours par rapport à la pioglitazone, les scientifiques mesurent que, parmi une population à faible risque cardiaque, la rosiglitazone accroit de 1,08% par an le risque d’infarctus, soit un excès de 170 infarctus pour 100 000 personnes traitées et par an. Pour l’insuffisance cardiaque, la rosiglitazone accroit de 3,08% par an le risque, soit un excès de 649 insuffisances cardiaques pour 100 000 personnes traitées et par an. Dans un registre français, le taux de mortalité retrouvé était de 3,15% par an. L’utilisation de la rosiglitazone dans ce cas résulterait en un excès de mortalité de 431 morts pour 100 000 patients traités et par an.

Les deux médicaments causent un excès d’insuffisance cardiaque : ces résultats présentent donc la différence de toxicité entre les deux produits. Les raisons n’en sont pas connues ; peut-être une différence d’effet sur les triglycérides et le cholestérol, ou encore un effet plus appuyé de la rosiglytazone sur le rein. En terme de santé publique, l’effet de ces résultats est important : 3,8 millions de prescriptions de rosiglitazone était réalisées chaque année aux Etats-Unis.

D’autres effets secondaires comme le doublement du risque de fractures existe pour les deux molécules. Une étude observationnelle a également retrouvé un excès de risque de cancer de la vessie avec la pioglitazone.

L’utilisation des thiazolidinediones doit donc se faire en prenant en compte la balance bénéfice/risque de ces médicaments et toujours en comparaison à d’autres alternatives thérapeutiques.

Source

Comparative Cardiovascular effect of thiazolidinediones: systematic review and meta-analysis of observational studies
Yoon Kong Loke, Chun Shing Kwok, Sonal Singh
BMJ 2011; 342:d1309

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