samedi 1 octobre 2016

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La pollution automobile pourrait-elle favoriser la survenue d’une maladie d’Alzheimer?

Il doit être difficile pour les souris de vivre dans nos villes. Une nouvelles étude révèle que l’exposition brève à la pollution automobile entraine une destruction significative du cerveau des petits rongeurs, qui s’associe à des pertes de mémoires et une maladie comparable à la maladie d’Alzheimer.

Ce ne sont les dioxydes d’azote, de souffre ou le benzène qui en sont responsable mais les microparticules PM10, PM5 et PM 2,5, résidus de la combustion du diesel, explique l’article publié dans la revue Environmental Health Perspectives.

De nombreuses études ont décrit les conséquences de la pollution automobile sur la santé humaine (conséquence dont on tiré d’ailleurs peu de résolutions), entrainant une atteinte cardiaque, artérielle et pulmonaire. Il s’agit de la première étude  ayant exploré l’effet de la pollution automobile directement sur le cerveau d’un mammifère. Les scientifiques ont recréé en laboratoire l’atmosphère d’une autoroute avec l’ensemble des particules (PM) nocives qui y sont rejetées par les voitures et les camions. Ils ont développé un système permettant de capter ces microparticules directement près des routes dans un piège empli d’eau et la mise en ébullition de cette eau en laboratoire relargue progressivement ces microparticules recréant l’atmosphère polluée de la route. Les souris ont été exposées à cette pollution pendant seulement 10 semaines, trois cessions par semaines de 5 heures chacune. Des analyses ont également été menées sur des cellules in vitro.

Les études in vitro et in vivo ont donné des résultats comparables : les microparticules entrainent des destructions significatives des neurones impliqués dans l’apprentissage et la mémoire, l’ensemble du cerveau souffre d’une inflammation qui s’associe à un vieillissement prématuré et une maladie d’Alzheimer, les neurones des jeunes souris encore en développement ne se développent pas normalement. Ces microparticules émises par les moteurs diesels mesurent de quelques dizaines à 200 nanomètres et son beaucoup trop petites pour être captées par les filtres des pots d’échappement; ” Vous ne pouvez pas les voir, mais vous les inhalés et elles ont un effet direct sur le cerveau qui laisse à penser qu’elles ont des conséquences sanitaires à long terme”, explique Caleb Finch, qui dirige la chair de neurobiologie du vieillissement.

Cette étude est publiée au moment où la ministre Kosciusko-Morizet avait réuni la presse dans un exercice de communication visant à faire croire que le problème de la qualité de l’air était pris en compte par notre gouvernement. Le communiqué de presse de cette réunion affirme que “la pollution de l’air par les particules PM2,5 serait la cause de 42 000 morts prématurés chaque année“…42 000 morts….10 fois plus que les accidents sur les routes…des centaines de fois plus que n’importe quel effet secondaire médicamenteux. La ministre reconnait également que la France ne respecte toujours pas “l’ensemble des objectifs d’émission et de qualité de l’air fixés par la législation européenne”. En particulier et en corrélations avec les inquiétudes que peuvent soulever l’étude précédente, la ministre confirme que pour les particules PM10, particules fines de diamètre inférieur à 10 micromètres, les valeurs limites restent en dépassement sur une partie du territoire et que les premières données de 2011 font d’ores et déjà état de plusieurs dépassements journaliers de particules PM10. Un plan Particules, fixe, à l’horizon 2015, au moment où un autre ministre aura de toute manière pris sa place et lancera probablement un plan particule 2020,  un objectif ambitieux de réduction de 30 % des particules fines de diamètre inférieur à 2,5 micromètres, celles là mêmes qui portent atteinte au cerveau et pourrait être responsables de maladie d’Alzheimer.

D’ailleurs Madame la ministre excelle dans ces actions de communication. Députée de l’Essonne, elle avait lancé en 2006, à propos d’une des voies les plus polluées d’Ile-de-France, la Route Nationale 20 qui traverse l’Essonne, les “Premières Assises de la Nationale 20“, riches en promesses, comme la création de souterrains pour réduire le bruit et la pollution : les habitants des communes que traverse cette route nationale continuent à vivre au milieu de la pollution, des particules et du bruit…

Source

Glutamatergic Neurons in Rodent Models Respond to Nanoscale Particulate Urban Air Pollutants In Vivo and In Vitro
Todd E. Morgan, David A. Davis, Nahoko Iwata, Jeremy A. Tanner, David Snyder, Zhi Ning, Winnie Kam, Yu-Tien Hsu, Jeremy W. Winkler, Jiu-Chiuan Chen, Nicos A. Petasis, Michel Baudry, Constantinos Sioutas, Caleb E. Finch.Environmental Health Perspectives, 2011; DOI:10.1289/ehp.1002973

Premières Assises nationales de la qualité de l’air La qualité de l’air, un enjeu territorial
Paris, le mercredi 6 avril 2011

LA QUALITÉ DE L’AIR EN ÎLE-DE-FRANCE EN 2010

Télécharger le dossier de presse (PDF – 1396 Ko)

Télécharger le bilan de la qualité de l’air 2010 (PDF – 2149 Ko)

Crédit Photo Creative Commons by Metro Transportation Library and Archive

Télécharger le plan particules (PDF – 276 Ko)

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