lundi 26 septembre 2016

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Le gouvernement de Bahrein utilise les services de santé pour détecter les opposants au régime

Les hôpitaux  de Bahreïn sont devenus des endroits dangereux ou les forces gouvernementales tabassent et arrêtent le personnel médical et les civils blessés au cours des manifestations organisées contre le pouvoir, indique un récent rapport de Médecin Sans Frontière publié le 07 avril 2011.

Les manifestants blessés mais aussi des civils présentant des pathologies communes, évitent dorénavant les hôpitaux. Une coordinatrice de MSF explique que « Les blessures, et en particulier celles causées par certaines armes utilisées par les forces militaires et la police, sont utilisées pour identifier les manifestants et les arrêter. De plus, les autorités bahreïnies empêchent l’accès aux soins médicaux afin de décourager la population de manifester »; elle ajoute que « Les infrastructures médicales sont utilisées comme appâts pour identifier et arrêter ceux qui osent aller se faire soigner. ». MSF réclament dans un communiqué que “La police, l’armée et les services secrets arrêtent d’utiliser les services de santé pour viser les manifestants et doivent autoriser les personnels médicaux à retourner à leur devoirs de prodiguer les soins aux patients quelque soient leurs religions et leurs convictions politiques”.

L’hôpital Salmaniya, le principal hôpital public de Bahreïn, est devenu un lieu d’affrontements entre les forces armées et les manifestants de l’opposition. De nombreux manifestants y avaient trouvé refuge et plusieurs médecins leurs ont publiquement apporté leur soutien dans les médias. Des slogans anti-gouvernementaux ont été peints au fronton de l’hôpital. Le gouvernement de Bahreïn a alors déclaré que l’hôpital était considéré comme une cible militaire légitime et a lancé une opération militaire contre l’hôpital afin d’en prendre le contrôle.

Un homme blessé à la tête au cours des manifestations et opéré à l’hôpital de Bahreïn témoigne dans le rapport de MSF : “Ils sont venus et j’ai été battu et agressé tous les jours, ils me frappaient directement sur ma blessure à la tête. Le médecin m’a fait sortir en me disant qu’il ne pouvait rien faire de plus pour moi et j’ai été arrêté”.

Le 16 mars, l’hôpital était repris par l’armée, des contrôles militaires furent établi pour isoler les blessés dans un périmètre particulier, contrôlé par l’armée. MSF a rencontré plusieurs patients à leur domicile qui ont confirmé qu’ils avaient été systématiquement battus et intimidés à l’intérieur de ce périmètre, au point que certains, ayant tenté de s’échapper, furet à nouveaux capturés, battus et humiliés.

Une des blessures les plus fréquentes étaient dues à une arme particulière qui tire des petites billes d’acier qui provoque des blessures très caractéristiques, les billes créant un nombre important d’impact sur la peau. La rétine peut être atteinte dans certains cas. Ces blessures sont utilisées par la police te l’armée pour identifier les personnes présentes à une manifestation et les arrêter.

Les militaires ont étendu ces contrôles aux centres médicaux présents dans les villages environnants. MSF, a visité l’un d’entre eux après qu’il ait été attaqué le 15 mars par les forces armées. Des gaz lacrymogènes avaient été lancés dans les locaux du centre, le personnel soignant battu.

Ces agissements du gouvernement, de la police et de l’armée représentent une violation caractérisée de la convention de Genève de 1949 explique le directeur des opérations de MSF. Les autorités politiques des pays européens n’ont pour l’instant pas réagi à ce rapport de MSF. Bahreïn est un lieu stratégique pour les pays de l’Ouest qui accueille en particulier la base navale de la 5ème flotte américaine. L’Arabie saoudite avait également récemment envoyé des soldats en renfort pour soutenir le gouvernement de Bahreïn face aux manifestants.

Source

Bahreïn: MSF appelle les autorités à cesser la répression militaire envers les patients

Health Services Paralyzed: Bahrain’s Military Crackdown on Patients
An MSF Public Briefing Paper, April 2011

Crédit Photo Creative Commons by Al Jazeera English

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