dimanche 4 décembre 2016

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Travailler assis pendant 10 ans double le risque de cancer du colon

Dix années de travail à un bureau, face à un ordinateur par exemple, multiplie par deux le risque de souffrir d’un cancer du colon démontre une étude australienne, et cela quelques soient les activités que vous avez en dehors. Les résultats sont publiés dans la revue médicale American Journal of Epidemiology.

L’étude a été menée par les chercheurs de l’université de Perth, situé à l’ouest de l’Australie. L’objectif de l’étude était d’évaluer les conséquences d’un travail sédentaire en particulier sur la survenue d’un cancer colique. L’étude a comparé deux groupes comparables de patients, les uns ayant eu un cancer du colon, et les autres non. En retraçant leurs habitudes de vie, les scientifiques ont tenté de déterminer les risques qui peuvent  conduire certaines personnes vers un cancer et d’autres non.

918 patients cancéreux et 1021 non cancéreux ont été inclus dans l’étude. Ils avaient entre 40 et 79 ans. Leur conditions de travail ont été répertoriées, du premier emploi à la retraite, ainsi que leurs habitudes de vie, leur activité physique et l’utilisation de médicaments. Au sein de chaque groupes, les participants ont été classés en fonction de leur activité professionnelle et du temps passé assis en, sédentaires (libraire par exemple), faiblement actif (femme à la maison, enseignant), moyennement actif (infirmière), et très actif (plombier..). Le nombre d’années de travail (plus ou moins de 10 ans) a été pris en compte ainsi que les activités physiques  pratiquées en dehors des horaires de travail et leurs durées, l’Indice de Masse Corporelle, la consommation d’alcool ou encore un tabagisme.

Les chercheurs retrouvent que, en comparaison avec un travailleur non sédentaire, c’est à dire qui ne passe pas de temps assis derrière un bureau, le risque de cancer du colon pour celui qui lui passe ses journées assis est augmenté de 94%, soit un risque multiplié par deux. Ce résultat est retrouvé quelque soit les activités physiques et sportives pratiquées en dehors des heures de travail.

Cette étude suggère donc que le travail assis favorise la survenue d’un cancer du colon. Une des hypothèses qui pourrait expliquer cette augmentation est que  la position assise  augmente la sécrétion de sucre dans le sang et diminue la sensibilité à l’insuline, deux actions qui sont considérées comme favorisant le cancer du colon. La position assise par exemple en restant assis face à un ordinateur durant des temps longs favorise également l’obésité et le diabète, deux atteintes augmentant le risque de cancer du colon.

Les facteurs de risque déjà connus ont été pris en compte par les médecins. Cependant plusieurs points restent encore à élucider. Le temps sédentaire passé en dehors du travail n’a pas été pris en compte, il pourrait modifier le risque, voir l’aggraver encore. par ailleurs, au sein d’un même métier, prenons par exemple les infirmières, il est possible que certaines passent un temps long assis et d’autres être actives et mobiles toute la journée. Il est également possible que le fait de rester assis ne soit pas un marqueur direct de cancer du colon mais le marqueur d’un autre risque comme la  survenue d’une obésité, d’un diabète ou d’une alimentation pauvre en vitamine D, qui eux  favorisent, on le sait déjà, la survenue d’un cancer du colon. Par ailleurs, le nombre de patients atteints d’un cancer après 10 ans ou plus de sédentarité reste encore faible dans l’étude : une seconde étude de plus grande importance serait utile pour confirmer ce premier résultat.

Cependant, la révolution informatique fait que de plus en plus d’êtres humains passent un temps considérable assis, face à un écran d’ordinateur. Les conséquences de ce type de comportement professionnel doit être évalué et modifié si possible afin de réduire le risque auquel s’expose ceux qui le subissent.

Source

Long-Term Sedentary Work and the Risk of Subsite-specific Colorectal Cancer
Boyle T, Fritschi L, Heyworth J and Bull F
American Journal of Epidemiology 2011, First published online: March 18

Crédit PHoto Creative Commons by David Boyle in DC

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