jeudi 29 septembre 2016

Docbuzz

Retrouvez Docbuzz sur Twitter

Docbuzz est aussi sur Facebook

Contraception orale et phlébites : quelles sont les pilules les moins à risque?

Les premières pilules introduites sur le marché dans les années 1960 contenaient des hautes doses d’œstrogène et de progestérone ; La dose d’estrogène augmentait le risque de phlébite. Les doses des deux composés ont été progressivement réduites. Dans les années 1990, le type de progestérone utilisé a également été discuté. En effet, la troisième génération de pilules contenant du désogestrel ou du gestodène augmentait également le risque de phlébites en comparaison avec les pilules de seconde génération contenant du levonorgestrel. Un risque de phlébite a également été identifié pour les pilules contenant de la cyprotérone. L’évaluation des pilules contenant de la drospirénone, de plus en plus utilisées, a montré des résultats contradictoires concernant un éventuel risque accru de phlébite en comparaison avec les autres pilules. Des épidémiologistes américains ont donc voulu évaluer le risque des pilules contenant de la drospirénone avec celles contenant du lévonorgestrel, le type de pilules à priori le moins à risque de provoquer des phlébites.

Ils ont utilisé une banque de données américaines qui comporte 55 millions de personnes, et pouvant remonter jusqu’en 1995. Toutes les femmes ayant utilisé une pilule contenant de la drospirénone  ou du levonorgestrel entre 2002 et 2008, âgées de 15 à 44 ans et sans facteurs de risque de phlébite ont été identifiées : ont donc été exclues de l’analyse, les femmes avec antécédents de phlébite, de cancer, une insuffisance rénale, une maladie cardiovasculaire ou autres. Seules des femmes ayant une première prescription de pilules ont finalement été retenue. Parmi la population ainsi caractérisée, celles ayant eu une phlébite constituaient un groupe (186 femmes). Un groupe comparateur sans phlébite a été constitué (681 femmes).

Parmi les femmes ayant fait une phlébite, 121 (65%) prenaient une pilule contenant de le drospirénone et 65 (35%) une pilule contenant du lévonorgestrel. Les femmes prenant une pilule contenant de la drospirénone ont donc une augmentation du risque multiplié par 2,3 de souffrir d’une phlébite. Le risque apparait d’autant plus important que les femmes prenant une pilule contenant de la drospirénone sont jeunes. Sur 100 000 femmes prenant une pilule contenant de la drospirénone, 30 feront une phlébite à cause de la pilule contre seulement 12 parmi 100 000 femmes prenant une pilule contenant du lévonorgestrel. En plus les femmes ayant fait une phlébite sous drospirénone ont plus de risques de récidiver.

Cette étude montre que les pilules contraceptives de troisième génération contenant de le drospirénone doublent le risque de phlébite en comparaison avec les pilules de seconde génération contenant du lévonorgestrel. Selon les auteurs, ces pilules ne doivent donc pas être proposées en premier lieu.

Pour connaitre les pilules contenant de la drospirénone cliquez ici

Pour connaitre les pilules contenant du lévonorgestrel cliquez ici

source

Risk of non-fatal venous thromboembolism in women using oral contraceptives containing drospirenone compared with women using oral contraceptives containing levonorgestrel: case-control study using United States claims data
Susan S Jick, Rohini K Hernandez
BMJ 2011;340:d2151

Crédit Photo Creative Commons by danivenn

Articles sur le même sujet