lundi 26 septembre 2016

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Danger sur l’hôpital : les infections nosocomiales tuent 4200 patients hospitalisés par an, 30% au moins seraient facilement évitables

Les infections nosocomiales, ces infections qui contaminent les patients hospitalisés et que l’administration dénomme poitivement les “infections associées aux soins” (IAS), sont en France, les principales causes d’évènements indésirables chez les patients hospitalisés.

Selon les enquêtes récentes, menées en Europe, 5% à 10% des patients hospitalisés ont une ou plusieurs infections acquises lors de l’hospitalisation ; en France, 5% des patients hospitalisés étaient contaminés par une infection nosocomiale en 2006. Ce risque d’infections touche prioritairement les sujets les plus faibles et les plus fragiles comme les patients souffrant d’affections chroniques graves, les immunodéprimés, ceux subissant des gestes opératoires importants, et les patients hospitalisés en réanimation

En 2000, les infections nosocomiales contribueraient à 2,8% des décès hospitalier soit 4 200 décès par an. Mais les infections nosocomiales ont bien d’autres conséquences quand elles ne tuent pas. Les infections nosocomiales donnent lieu à des épidémies qui peuvent se propager entre établissements, elles sont une cause importante de handicap, altèrent fortement la qualité de vie des patients et ont un retentissement psychosocial et économique croissant. Et ce alors même que entre 20% et 30% des infections nosocomiales seraient évitables par la mise en oeuvre en routine de mesures de prevention très bien connues à ce jour.

Elles sont favorisées par 4 facteurs :

1) la pression de sélection exercée par l’usage souvent excessif des antibiotiques ;

2) la transmission de souches résistantes de patients à patients via les soins et les soignants ;

3) l’épidémicité des souches résistantes qui, selon le cas, peuvent avoir un avantage en terme de transmission ;

4) la grande susceptibilité aux infections de certains patients.

Depuis les années 1980, de plus en plus d’infections acquises à l’hôpital sont due à des infections à bactéries multirésistantes aux antibiotiques. Un programme national de lutte contre les infections nosocomiales pour préserver l’efficacité des antibiotiques (sic, et les patients?) a été mis en place par le ministère de la Santé. Résultats?  Si on assiste à une réduction progressive de l’incidence et de la prévalence des infections à Staphylococcus aureus résistant à la méticilline, en même temps, les infections à entérobactéries productrices de bêta-lactamases à spectre étendu augmentent dans les mêmes hôpitaux… Cette évolution divergente suscite des questions pour l’instant sans réponse. De plus, un nouveau cap a été récemment franchi avec l’apparition d’épidémies de bactéries pan-résistantes (entérobactéries productrices de carbapénémases). le XXI siècle sera donc bien infectieux…

Source

Alerte, investigation et surveillance des infections nosocomiales : le réseau Raisin, 2001-2010
INVS 2011

Crédit photo c reative commons by hapeThings

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