samedi 1 octobre 2016

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La prise d’hormone thyroïdiennes expose à un risque accru de fractures, en particulier chez le sujet âgé

On ne peut vivre sans hormones thyroïdienne et lorsque la thryroïde devient non fonctionelle (hypothyroïdie) ou qu’il devient nécessaire de la retirer en cas d’hyperthyroïdie ou de cancer, une supplémentation à vie par des hormones thyroïdiennes est nécessaire : les médecins prescrivent alors de La lévothyroxine.

Une étude Canadienne, menée par le Pr Marcu Turner, et publiée dans la revue anglaise The British Medical Journal témoigne aujourd’hui d’un  risque de fractures accru chez les patients prenant cette supplémentation en hormones thyroïdiennes. Par ailleurs, plus la dose quotidienne absorbée de levothyroxine est élevée, plus le risque de fracture est grand.

Ce risque touche bien-sûr en priorité les sujets âgés, plus particulièrement à risque de fracture du fait de l’altération de leur état osseux et potentiellement de l’apparition d’une ostéoporose. En fait, si la nécessité de prendre de la lévothyroxine apparaît le plus souvent avant 50 ans, ce traitement se poursuit à vie.  Mais les doses devraient être adaptées en fonction de l’âge car les besoins en hormones thyroïdiennes se réduisent en vieillissant. Or les auteurs Canadiens pointent du doight une absence d’adaptation des doses de lévothyroxine, avec pour conséquence, une exposition des os à des doses trop élevées, délétère et responsables d’une augmentation du risque de fracture.

L’intérêt de cet étude est d’avoir été réalisée chez un très grand nombre de patients puisque 213 511 patients des deux sexes, consommateurs de lévothyroxine, ont été suivi pendant presque 4 ans. Ces patients étaient âgés d’au moins 70 ans.

Un patient sur 10 patients suivi a eu une fracture, ce qui est un taux extrêmement élevé en comparaison avec la population générale. La prise de lévothyroxine augmente en fait le risque de fracture de 88% par rapport à des individus du même âge, du même sexe et ne prenant pas de lévothyroxine.

Ce  risque de fracture était encore multiplié par 3,5 chez tous ceux recevant une dose quotidienne supérieure à 0,093 mg/j, et multiplié par 2,6 chez ceux ayant reçu une dose moyenne de lévothyroxine comprise entre 0,044 et 0,093 mg/j, en comparaison avec des patients recevant moins de 0,044 mg/j.

Les patients doivent être au courant de ce risque accru de fractures, signe d’une plus grande fragilité de leur squelette. Ils devraient bénéficier d’un dépistage de l’ostéoporose et si besoin d’un traitement préventif. Par ailleurs, la dose de lévothyroxine doit absolument être revue et adaptée chez les patients âgés du fait du moindre besoin d’hormones thyroïdiennes.

Source

Levothyroxine dose and risk of fractures in older adults: nested case-control study
Marci R Turner, Ximena Camacho, Hadas D Fischer, Peter C Austin, Geoff M Anderson, Paula A Rochon, Lorraine L Lipscombe
BMJ 2011; 342:d2238

Crédit Photo Creative Commons by Brice Bonneau

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