mardi 27 septembre 2016

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Le tour de taille et le rapport taille/hanche permettent de prédire la survie

Un petit ventre gras peut signifier plus qu’un petit désagrément esthétique chez ceux qui ont en plus une maladie coronaire. Une maladie coronaire survient quand un peu trop de graisses se sont déposées dans les artères qui irriguent le cœur, réduisant l’apport en sang et plaçant le patient à risque d’infarctus. Une nouvelle étude publiée dans la revue américaine JACC, montre en effet qu’une surcharge pondérale abdominale accroit le risque de décès.

La surcharge pondérale et l’obésité augmentent le risque de maladie coronaire, rien ne survenant par hasard. Mais est-ce que cela va jusqu’à accroitre le risque de mortalité? Le but de cette étude était d’évaluer l’association entre ce que les médecins appellent l’obésité centrale, chiffrée par le tour de taille et le rapport taille hanche et l’obésité totale, chiffrée par l’indice de masse corporelle (IMC) avec la mortalité, chez les patients ayant une maladie coronaire. En effet ce lien qu’ont fait quelques études entre obésité et mortalité reste controversé, certaines études ayant montré que les patients ayant une obésité et une maladie cardiaque vivaient plus longtemps que des patients ayant seulement une maladie coronaire.

L’étude a été réalisée en analysant des donnés d’études internationales de 6 grandes études qui regroupent au total 15 923 patients. Sure une durée moyenne de suivi des patients de 2,3 ans, 5 696 décès ont été enregistrés. L’existence d’une obésité centrale, c’est à dire d’un tour de taille et d’un rapport taille hanche élevé augmentait la mortalité de 70% alors que l’existence d’une obésité totale, c’est à dire d’un Indice de Masse Corporelle élevé réduisait la mortalité de 36%.

Une obésité centrale augmentait la mortalité même chez les patients avec un IMC normal (+70%) ou un IMC supérieur à 30 (+93%). Le risque de mortalité est donc globalement doublé chez les patients avec une maladie coronaire et une augmentation du tour de taille et du rapport taille hanche mais pas chez ceux ayant seulement un IMC élevé.

Pour ces calculs, les scientifiques ont tenu compte des autres facteurs pouvant influencer la mortalité comme le tabagisme, le diabète, ou l’âge.

Ainsi, en cas de maladie coronaire, en plus d’un arrêt du tabac et d’une réduction du cholestérol, il apparait important de contrôler son tour de hanche et son rapport taille hanche : pour cela il est nécessaire d’améliorer son alimentation en se tournant plus fréquemment vers des poissons, des fruits et des légumes, en réduisant l’alcool et les viandes rouges. Faire de l’exercice physique permet aussi de jouer positivement sur son obésité centrale. L’ensemble permettra de perdre cette ceinture abdominale qui a une influence mauvaise sur la survie.

Source

Central Obesity and Survival in Subjects With Coronary Artery Disease ; A Systematic Review of the Literature and Collaborative Analysis With Individual Subject Data
Thais Coutinho, Kashish Goel,Daniel Corrêa de Sá, Charlotte Kragelund, Alka M. Kanaya, Marianne Zeller,Jong-Seon Park, Lars Kober,Christian Torp-Pedersen,Yves Cottin, Luc Lorgis,Sang-Hee Lee, Young-Jo Kim, Randal, Thomas,Véronique L. Roger,Virend K. Somers, Francisco Lopez-Jimenez
J Am Coll Cardiol, 2011; 57:1877-1886, doi:10.1016/j.jacc.2010.11.058

Crédit Photo Creative Commons by .scarlet.

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