lundi 5 décembre 2016

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L’autisme peut toucher jusqu’à 2,6% des enfants de 7-12 ans

L’autisme reste une maladie qui divise les experts, que ce soit sur ses causes, sa signification (si elle en a une), et surtout sa fréquence. Peu d’études bien menées ont en réalité systématiquement recherché un autisme chez les enfants. au sein d’une population générale.  En suivant pendant 6 années une population en Corée, des scientifiques ont retrouvé que 2,6% des enfants âgés de 7 à 12 ans avaient les symptômes caractéristiques de l’autisme, un chiffre stupéfiant, qui double les estimations les plus pessimistes de cette pathologie, et qui va certainement modifier les méthodes de détections aujourd’hui employées pour diagnostiquer la maladie.

L’étude, publiée dans le dernier numéro de la revue  The American Journal of Psychiatry, s’est intéressée aux enfants vivant dans la ville de Goyang située dans le district de Ilsan, en Corée. Les scientifiques, des américains de l’université George Washington et de la Yale Child study Center ont réalisé une étude de grande envergure, en recherchant les symptômes de l’autisme parmi 55 266  enfants âgés de 7 à 12 ans de cette ville de près de 500 000 habitants. 36 500 enfants étaient normalement scolarisés et 294 étaient dans des écoles spécialisées. Chez aucun d’entre eux n’avait été posé un diagnostic d’autisme jusqu’alors.

Avant cette essai, les études ont utilisé des registres particuliers pour estimer la fréquence de l’autisme. Il était évalué, aux Etats-Unis, que près de 0,75% des enfants, parfois jusqu’à 1%, des enfanst étaient atteint d’autisme, lorsque les études s’intéressaient à des enfants nécessitant des soins et une prise en charge spécifique.

En Corée, les scientifiques ont utilisé deux étapes distintes avant de poser un diagnostic d’autisme. La première étape utilisait un questionnaires fait de 27 questions permettant d’orienter le diagnostic (the Autism Spectrum Screening Questionnaire), en évaluant les interactions sociales, les problèmes de communications, des comportements répétés, etc. Les parents remplissaient le questionnaire. Si les enfants étaient positifs à ce premier examen; alors suivait la seconde étape comportant plusieurs autres tests : the Autism Diagnostic Observation Schedule , the Autism Diagnostic Interview–Revised, et des tests cognitifs. Finalement les parents de 23 234 enfants normalement scolarisés et de 103 d’enfants scolarisés dans des centres spécialisés ont rempli et renvoyé les questionnaires permettant de constituer une banque de donnée inégalée jusqu’alors.

L’analyse des questionnaires rend compte d’un nombre de diagnostics d’autismes atteignant 2,69% de l’ensemble des enfants testés. Pour la première fois une telle analyse était menée chez des enfants normalement scolarisés alors que l’autisme inclus entre autre une déconnection sociale et un retard mental, qui peuvent constituer une forme modérée, appelée syndrome d’Asperger, qui peut même passer inaperçu. Au sein des écoles spécialisées, une fréquence de 30% d’enfants touché spar l’autisme a été retrouvée. Parmi eux, 59% avaient effectivement un retard mental et deux tiers présentaient un autisme sévère. 5 garçons étaient touchés pour une fille, un taux anormalement élevé pour un ratio auparavant estimé à 2 pour 1.

Au sein des écoles classiques, parmi les 1,89% d’enfants chez qui les tests retrouvaient positivement un autisme, seulement 16% avaient une limitation intellectuelle et plus de deux tiers n’avaient qu’un autisme modéré. Le ratio garçon/fille était également différent : 2,5 garçons touchés pour 1 fille. Et même, 12% avaient un quotient intellectuel supérieur à la population moyenne

Pour les auteurs, il est possible que le système éducatif coréen ait permis d’ignorer les déficits de certains enfants du fait d’un enseignement très structuré, ayant d’importantes régulations comportementales, et où la sociabilisation est liée aux progrès éducatifs. Finalement, cette découverte suggère une distribution variable des “traits autistiques ” au sein de la population générale. Deux groupes différents peuvent être distingués, un groupe d’enfants à haut risque pouvant probablement porter un diagnostic d’autisme (ceux retrouvés en école spécialisée) et un groupe d’enfants de la population générale;  au sein de ces deux groupes, des caractéristiques, telles que la fréquence de la maladie, le niveau d’intelligence ou le sexe ratio sont différents.

Si les auteurs suggèrent que d’autres essais similaires soient menées au sein d’autres population générales, ils concluent que l’utilisation de procédés d’identification efficaces de l’autisme permet de constater que la prévalence de l’autisme est bien supérieur à ce qui était auparavant estimé.

Source

Prevalence of Autism Spectrum Disorders in a Total Population Sample
Young Shin Kim, M.D., Ph.D. Bennett L. Leventhal, M.D. Yun-Joo Koh, Ph.D. Eric Fombonne, M.D. Eugene Laska, Ph.D. Eun-Chung Lim, M.A. Keun-Ah Cheon, M.D., Ph.D. Soo-Jeong Kim, M.D. Young-Key Kim, M.D. HyunKyung Lee, M.A. Dong-Ho Song, M.D.Roy Richard Grinker, Ph.D.
Am J Psychiatry Kim et al.; AiA:1–9

 


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