lundi 26 septembre 2016

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Les avortements illégaux génèrent 95 millions de dollars de revenus aux médecins Polonais

Une analyse publiée dans la revue médicale anglaise Reproductive Health Matters démontre que lorsque la loi interdit l’avortement comme c’est le cas actuellement en Pologne, un secteur privé parallèle se met en place sans aucun contrôle de la qualité des soins, où des montants exigés par les médecins qui pratiquent ces avortements. Depuis que les avortements sont devenus illégaux en Pologne à la fin des années 1980, sous l’influence de l’église catholique, le nombre d’avortements légaux a chuté de 99% et a fait naître un marché parallèle florissant. L’hypocrisie politique et religieuse est telle, qu’aujourd’hui, les médecins qui pratiquent ces avortements font ouvertement de la publicité dans les journaux.

Ce sont bien sûr les femmes qui sont les grandes perdantes de cette législation d’arrière garde pourtant acceptée au cœur de l’Europe. Un avortement clandestin coûte plus que le salaire moyen mensuel d’un polonais, rendant les plus pauvres incapables d’y accéder. Ce juteux marché génère 95 millions de dollars de revenus non déclarés et donc non taxés aux médecins qui pratiquent quelque 150 000 avortements par an. Certaines femmes parviennent à avorter à l’étranger, en Allemagne ou en Angleterre.

Agata Chełstowska, médecin à l’université de Varsovie qui a menée cette étude, explique que “Dans le secteur privé, un avortement illégal peut être prévu et payé de la main  à la main : quand une femme pénètre dans ce milieu, son “pêcher” se transforme en or et ses problèmes privés se transforment en revenus financier pour quelqu’un d’autre”. Et les médecins ne souhaitent pas voir changer la loi. Ils ne veulent plus pratiquer d’avortements dans le secteur public, l’avortement illégal étant devenu une très importante source de revenus occultes.

Plusieurs cas de femmes ou de jeune filles enceintes après un viol et qui se sont vu refuser un avortement thérapeutique ont été mis en avant par les médias. En 2004, une femme enceinte qui ‘était vu refusé un avortement thérapeutique est décédé et son cas est actuellement évalué par la cours Européenne des droits de l’homme, bien tardivement.


Source

Stigmatisation and commercialisation of abortion services in Poland: turning sin into gold
Agata Chełstowska
Reproductive Health Matters Volume 19Issue 37, Pages 98-106 (May 2011)

Crédit Photo Creative Commons by willem velthoven

 

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