mardi 27 septembre 2016

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Un simple jogging de 1,6 kilomètres peut prédire votre avenir cardiovasculaire

Quelle distance êtes-vous capable de courir en footing, et en combien de temps? Ces deux données sont dorénavant capables de prédire la survenue d’accidents cardiovasculaire sur les 10 années suivantes. Deux études publiées  dans deux revues américaines montrent qu’un simple jogging est capable de prédire l’avenir cardiovasculaire du coureur, en fonction du temps mis à parcourir une certaine distance.

La santé cardiovasculaire est directement associée à la mortalité cardiovasculaire mais on ne cerne pas encore bien comment la forme physique ajoutée aux facteurs de risques traditionnels peut modifier la stratification du risque. C’était l’objet de la première étude menée de 1970 à 2006 et publiée en mai dans la revue de cardiologie Circulation. La santé physique de 66 371 participants a été évaluée par un test d’endurance sur tapis roulant (protocole de Balke : jogging sur tapis roulant avec une pente à 2% et augmentation régulière de la pente de 0,6% toutes les minutes pour les hommes, ou une pente à 2% augmentée de 1,4° toutes les 3 minutes. Idéalement le temps de course doit être inférieur à 9 minutes. Le risque de mortalité cardiovasculaire a été évalué à l’aide des facteurs de risque habituels (âge, sexe, pression artérielle systolique, diabète, cholestérol et tabagisme) en ajoutant où non la capacité d’endurance.

La seconde étude poursuivait le même objectif, déterminer l’influence de l’endurance sur le risque de survenue d’une maladie du cœur ou d’une maladie vasculaire. 11 049 hommes ont été suivis à partir de 1990 jusqu’à la survenue d’une pathologie cardiovasculaire ou d’un décès d’origine non vasculaire et cela jusqu’à 90 ans. Les patients ont fait le même test d’endurance sur tapis roulant (protocole de Balke) et ont été rangés en 3 catégories en fonction de leur endurance : endurance faible (15 minutes pour faire le test), moyenne, élevée (9 minutes pour faire le test). Ensuite, ces résultats ont été corrélés à la survenue des évènements cardiaques et vasculaires.

La différence d’endurance est associée avec une différence de risque marquée aux différents âges : à 45 ans, la meilleure endurance est récompensée par un risque de survenue d’évènement de 3,4% contre 13,7% pour ceux ayant l’endurance la plus faible, de 15,3% contre 34,2% à 55 ans et de 17,1% contre 35,6% à 65 ans. Plus le nombre de facteurs de risque additionnel est important, plus l’efficacité du test se confirme. Ainsi, un homme de 55 ans qui coure 1,6 kilomètres en 15 minutes aura un risque de 30% de survenue d’un accident cardiaque ou vasculaire dans les 10 prochaines années, alors que le même homme de 55 ans qui coure la même distance en 9 minutes n’aura un risque que de 10%. Les résultats de la première étude aboutissaient à des résultats équivalents.

Vous pouvez vous évaluer sur une distance de 1,6 kilomètres et améliorer progressivement votre temps, signe que votre risque s’amenuise. Il est recommandé de pratiquer 150 minutes d’exercices physiques par semaine.

Source

Lifetime Risks for Cardiovascular Disease Mortality by Cardiorespiratory Fitness Levels Measured at Ages 45, 55, and 65 Years in Men: The Cooper Center Longitudinal Study
Jarett D. Berry, Benjamin Willis, Sachin Gupta, Carolyn E. Barlow, Susan G. Lakoski, Amit Khera, Anand Rohatgi, James A. de Lemos, William Haskell , Donald M. Lloyd-Jones
Journal of the American College of Cardiology Volume 57, Issue 15, 12 April 2011, Pages 1604-1610

Cardiorespiratory Fitness and Classification of Risk of Cardiovascular Disease Mortality
Sachin Gupta, Anand Rohatgi, Colby R. Ayers, Benjamin L. Willis, William L. Haskell, Amit Khera, Mark H. Drazner, James A. de Lemos, Jarett D. Berry
Circulation 2011;123:1377-1383 Published online before print March 21, 2011

Crédit Photo Ceative Commons by Ed Yourdon


 

 

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