dimanche 4 décembre 2016

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Arrêter de fumer peut-il entrainer des troubles du sommeil?

La tabagisme est le principale cause de mortalité évitable dans nos pays. Arrêter de fumer est donc une solution tentée par de nombreux fumeurs. Mais le sevrage de la nicotine pourrait génèrer des troubles du sommeil, et à la différence d’autres effets du sevrages, certains disent qu’ils ne disparaissent pas dans les 21 jours qui suivent l’arrêt du tabac et peuvent donc favoriser la rechute. Ainsi, un sommeil de pauvre qualité et une fatigue diurne pourrait faire échouer les tentatives d’abstinence du tabac. Cette étude a été réalisée pour évaluer les effets de l’arrêt du tabac sur la qualité du sommeil. La survenue de troubles du sommeil pourraient-ils nuire aux tentatives d’arrêter de fumer?

Les scientifiques ont recruté 322 fumeuses de 18 à 65 ans venus consulter pour être aidées à arrêter de fumer alors qu’elles fumaient au moins 10 cigarettes par jour. Leur dépendance à la nicotine et leur histoire tabagique ont été évaluées. Au fur et à mesure de l’avancée de l’étude, les symptômes de dépendance à la nicotine, la survenue d’une dépression, ont été recueillis avant chacune de 12 sessions de groupe qu’ont suivi chaque participante au cours des 3 mois de l’étude. BIen sur la capacité de sommeil était évalué. Elles le qualifiaient ainsi :

– 0 : je peux dormir aussi bien que d’habitude
– 1 : je ne dors pas aussi bien que d’habitude
– 2 : je me réveille 1 à 2 heures plus tôt que d’habitude et il m’est difficile de me rendormir
– 3 : je me réveille plusieurs heures plus tôt que d’habitude et il m’est impossible de me rendormir

et évaluaient sur une échelle de 1 à 30 leurs insomnies et leurs somnolences. Enfin, la qualité du sommeil faisait l’objet d’un dernier questionnaire (Wisconsin Smoking Withdrawal Scale) ou chaque question recevait une cotation de 1 à 5 (1 : pas du tout d’accord, 2 : pas d’accord, 3 : pas d’avis, 4 : d’accord, 5 : totalement d’accord):

– 1 : j’ai un sommeil réparateur
– 2 : je me réveille souvent pendant la nuit
– 3 : je suis satisfait de mon sommeil
– 4 : je pense que je dors suffisamment
– 5 : mon sommeil est dérangé

l’ensemble permettant de noter sur 20 cette qualité du sommeil. L’objectif de chacune était d’arrêter de fumer pendant au moins 3 mois.

Avant d’arrêter de fumer, 42% des femmes souffraient déjà d’un sommeil de mauvaise qualité ou de difficultés à rester endormies. Elle se plaignaient aussi de somnolences diurnes (cotées à 23 sur 30) et d’insomnies (cotées à 13 sur 30). La qualité de sommeil était globalement évaluée à 12 sur 20 montrant que les participantes étaient modérement satisfaites de leur sommeil.

A un mois, 44% des femmes étaient toujours abstinentes. Au bout des trois mois, les scientifiques ne retrouvent aucune différence de qualité du sommeil entre celles qui ont arrêté de fumer avec succès et celles qui ont repris la cigarette. Les femmes ayant repris ressentaient quand même plus de somnolence au cours de la journée que celles ayant arrêté. Les analyses montrent néanmoins une altérartion de la qualité du sommeil au bout d’un mois après l’arrêt, mais  cela s’améliore au troisième mois. Finalement aucune plainte des patientes concernant des troubles du sommeil, des insomnies, la qualité du sommeil n’était corrélée à un arrêt plus réussi du tabac.

Pour conclure, les femmes qui ont des troubles du sommeil avant l’arrêt du tabac les conserve. L’existence d’un trouble du sommeil n’est donc pas prédicteur de rechute lors d’une tentative d’arrêt du tabac. Seule la somnolence apparait être plus importante chez les femmes reprenant la cigarette que chez celles qui poursuivent une abstinence tabagique.

Source

Subjective sleep disturbance during smoking cessation program : association with relapse
Okun ML, Levine MD, Houck P, Perkins KA, Marcus
Addict Behav. 2011 Aug;36(8):861-4. Epub 2011 Mar 9

Crédit Photo Creative Commons by

La tabagisme est le principale cause de mortalité évitable dans nos pays. Arrêter de fumer est donc une solution tentée par de nombreux fumeurs. Mais le sevrage de la nicotine pourrait génèrer des troubles du sommeil, et à la différence d’autres effets du sevrages, ils ne disparaissent pas dans les 21 jours qui suivent l’arrêt du tabac et peuvent donc favoriser la rechute. Ainsi, un sommeil de pauvre qualité et une fatigue diurne pourrait faire échouer les tentatives d’abstinence du tabac. Cette étude a été réalisée pour évaluer les effets de l’arrêt du tabac sur la qualité du sommeil. La survenue de troubles du sommeil pourraient-ils nuire aux tentatives d’arrêter de fumer?

Les scientifiques ont recruté 322 fumeuses de 18 à 65 ans venus consulter pour être aidées à arrêter de fumer alors qu’elles fumaient au moins 10 cigarettes par jour. Leur dépendance à la nicotine et leur histoire tabagique ont été évaluées. Au fur et à mesure de l’avancée de l’étude, les symptômes de la dépendance à la nicotine, la survenue d’une dépression, ont été recueillis avant chacune de 12 sessions de groupe qu’ont suivi chaque participante au cours des 3 mois de l’étude. BIen sur la capacité de sommeil était évalué. Elles le qualifiaient ainsi :

– 0 : je peux dormir aussi bien que d’habitude
– 1 : je ne dors pas aussi bien que d’habitude
– 2 : je me réveille 1 à 2 heures plus tôt que d’habitude et il m’est difficile de me rendormir
– 3 : je me réveille plusieurs heures plus tôt que d’habitude et il m’est impossible de me rendormir

et évaluaient sur une échelle de 1 à 30 leurs insomnies et leurs somnolences. Enfin, la qualité du sommeil faisait l’objet d’un dernier questionnaire (Wisconsin Smoking Withdrawal Scale) ou chaque question recevait une cotation de 1 à 5 (1 : pas du tout d’accord, 2 : pas d’accord, 3 : pas d’avis, 4 : d’accord, 5 : totalement d’accord):

– 1 : j’ai un sommeil réparateur
– 2 : je me réveille souvent pendant la nuit
– 3 : je suis satisfait de mon sommeil
– 4 : je pense que je dors suffisamment
– 5 : mon sommeil est dérangé

l’ensemble permettant de noter sur 20 cette qualité du sommeil. L’objectif de chacune était d’arrêter de fumer pendant au moins 3 mois.

Avant d’arrêter de fumer, 42% des femmes souffraient déjà d’un sommeil de mauvaise qualité ou de difficultés à rester endormies. Elle se plaignaient aussi de somnolences diurnes (cotées à 23 sur 30) et d’insomnies (cotées à 13 sur 30). La qualité de sommeil était globalement évaluée à 12 sur 20 montrant que les participantes étaient modérement satisfaites de leur sommeil.

A un mois, 44% des femmes étaient toujours abstinentes. Au bout des trois mois, les scientifiques ne retrouvent aucune différence de qualité du sommeil entre celles qui ont arrêté de fumer avec succès et celles qui ont repris la cigarette. Les femmes ayant repris ressentaient quand même plus de somnolence au cours de la journée que celles ayant arrêté. Les analyses montrent néanmoins une altérartion de la qualité du sommeil au bout d’un mois après l’arrêt, mais  cela s’améliore au troisième mois. Finalement aucune plainte des patientes concernant des troubles du sommeil, des insomnies, la qualité du sommeil n’était corrélée à un arrêt plus réussi du tabac.

Pour conclure, les femmes qui ont des troubles du sommeil avant l’arrêt du tabac les conserve. L’existence d’un trouble du sommeil n’est donc pas prédicteur de rechute lors d’une tentative d’arrêt du tabac. Seule la somnolence apparait être plus importante chez les femmes reprenant la cigarette que chez celles qui poursuivent une abstinence tabagique.

Source

Subjective sleep disturbance during a smoking cessation program: Associations with relapse.
Okun ML, Levine MD, Houck P, Perkins KA, Marcus MD.
Addict Behav 2011 Aug;36(8):861-4. Epub 2011 Mar 9.

Crédit Photo Creative Commons by Kanaka Menehune

 

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