dimanche 25 septembre 2016

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30% des cancers pourraient être évités en France en respectant quelques règles nutritionnelles

Comme depuis une dizaine d’années, des messages provenant de sources diverses, évoquant des risques ou des bénéfices, se multiplient et souvent se contredisent, en matière de prévention de la survenue de cancers. Il est donc apparu nécessaire à l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments en 2007, d’examiner, dans leur globalité, les relations entre facteurs nutritionnels et cancer, d’analyser la légitimité de recommandations nutritionnelles dans le cadre de la prévention des cancers.

Le nombre de nouveaux cas de cancers en France s’élève à 358 000 par an (chiffre 2010), touchant 203 000 hommes et 155 000 femmes. Le cancer touche un homme sur deux et une femme sur trois au cours de leur vie et son incidence a presque doublé entre 1980 et 2005 (augmentation de 93 % chez l’homme et 84 % chez la femme). Cette augmentation est liée à l’accroissement de la population et à son vieillissement (la fréquence des cancers augmentant avec l’âge), à l’amélioration du dépistage et du diagnostic, ainsi qu’à l’augmentation de l’exposition à des facteurs de risque (ces facteurs de risques ne sont pas décrit de manière exhaustives par le rapport).

Le cancer est une maladie multifactorielle faisant intervenir des déterminants individuels (patrimoine génétique, statut hormonal, etc.), comportementaux (tabac, nutrition, etc.) et environnementaux (rayonnement solaire, expositions professionnelles, etc.). Par « facteurs nutritionnels » on entend tous les aliments dont l’alcool, les micronutriments mais aussi les comportements individuels, l’activité physique (notamment par son effet sur le bilan énergétique) et l’état nutritionnel (dénutrition, surpoids, obésité, etc.).

L’expertise collective internationale réalisée par le World Cancer Research Fund International (WCRF) et l’American Institute for Cancer Research (AICR) en 2007 a permis de qualifier de « convaincante », « probable », « limitée mais évocatrice », « peu probable » la relation entre facteurs nutritionnels et risque de cancer, en prenant en compte la diversité des populations et de leurs expositions aux facteurs nutritionnels.

Quatre années ont été nécessaires pour rendre un verdict. Selon l’Anaes, huit facteurs nutritionnels sont à prendre en compte pour la prévention des cancers car présentant des niveaux de preuve convaincants ou probables de relation avec le cancer :

Les facteurs de risque augmentant le risque de cancer et évitables sont :

les boissons alcoolisées : le niveau de preuve est convaincant pour plusieurs cancers (bouche, pharynx, larynx, œsophage, côlon-rectum chez l’homme, sein), dont certains sont fréquents (côlon-rectum, sein) et probable pour le cancer du foie et celui du côlon-rectum (chez la femme); l’effet est marqué pour les cancers de la bouche, du pharynx, du larynx et de l’œsophage ; l’exposition de la population est élevée ;

le surpoids et l’obésité : le niveau de preuve est convaincant pour plusieurs cancers (œsophage, endomètre, rein, côlon-rectum, pancréas, sein après la ménopause) dont certains sont fréquents (côlon-rectum et sein) ; l’effet est modéré pour ces cancers et l’exposition de la population est élevée ;

les viandes rouges et charcuteries : le niveau de preuve est convaincant pour le cancer colorectal, cancer fréquent ; l’effet est modéré pour ce cancer et l’exposition est élevée dans une partie de la population ;

le sel et les aliments salés : le niveau de preuve est jugé probable pour le cancer de l’estomac et l’exposition est élevée dans une partie de la population ;

les compléments alimentaires à base de bêta-carotène : le niveau de preuve est convaincant pour le cancer du poumon chez les fumeurs, cancer fréquent, et l’exposition est non négligeable.

Les facteurs pouvant contribuer à la diminution du risque de cancer sont :

– l’activité physique : le niveau de preuve est convaincant pour le cancer du côlon, cancer fréquent ; l’effet est modéré pour ce cancer ; le niveau d’activité physique de la population est insuffisant et ce facteur a des effets indirects via le surpoids et l’obésité ;

la consommation de fruits et légumes : le niveau de preuve est jugé probable pour plusieurs cancers (bouche, pharynx, larynx, œsophage, estomac, poumon) ; la consommation de la population est insuffisante et ce facteur a des effets indirects via le surpoids et l’obésité

l’allaitement : le niveau de preuve est convaincant pour le cancer du sein, cancer fréquent.

Et cette prévention revêt un caractère majeur puisque l’Anaes estime “à environ 1/3 la proportion des cancers les plus communs qui pourraient être évités grâce à la prévention nutritionnelle (y compris la restriction de l’alcool) dans les pays industrialisés, dont la France”. Le plus étonnant c’est qu’il aura fallut à d’éminent spécialistes Français pour arriver çà ces conclusions déjà largement connues et diffusées. Ce rapport à néanmoins le mérite dorénavant d’exister, prochaine édition en 2015?

Source

Nutrition et cancer, Le rapport sur les liens entre nutrition et cancer
Rapport d’expertise collective
Agence nationale de sécurité sanitaire des aliments (Anses)
Mai 2011

Crédit Photo Creative Commons by mhaller1979

 

 

 

 

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