samedi 3 décembre 2016

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La dyscalculie, la difficulté à apprendre les mathématiques, affecterait autant d’enfants que la dyslexie

Les enfants qui ont beaucoup de mal avec les mathématiques pourraient souffrir d’un trouble neurocognitif qui empêche l’acquisition des concepts de base en arihtmétique, selon une étude publiée dans la prestigieuse revue Science. Un enseignement spécifique devrait être mis en place pour les enfants souffrant de dyscalculie, l’équivalent de la dyslexie mais pour les mathématiques, réclament les auteurs de la publication. La dysclaculie, est aussi fréquente que la dyslexie avec une prévalence atteignant 7% de la population, mais qui a été totalement négligée. Cependant un effort mondial de scientifiques et d’éducateurs ont permis d’établir les réseaux neuronaux permettant l’acquisition des mathématiques et donc de révéler les anomalies, au sein de ces réseaux, dont souffrent les personnes atteintes de dyscalculie.

Les recherches menées en neuroscience  ont montré quels types d’aides étaient indispensables à retenir les concepts mathématiques les plus simples. Cela peut être réalisé avec un enseignement spécialisé et des logiciels utilisant le jeux et capables de s’adapter au niveau de compétence de l’enfant.

Des indicateurs communs d’une dyscalculie sont d’utiliser ses doigts pour une simple addition, bien au delà de l’âge habituel pour cela. Un individu identifié comme ayant une dyscalculie mènera certaines opérations de manière bien différentes des individus normaux :

– Pour dire quelle est la plus grande carte entre un 5 et un 8, l’individu atteint de dyscalculie compte les symboles sur les cartes,
- Pour placer une carte à jouer 8 en séquence entre un 3 et un 9, il compte les espaces entre les deux pour bien placer le 8,
- Pour compter les nombres entiers par ordre décroissant  à partir de 10, il compte de1 à 10 puis de 1 à 9, puis de 1 à 8…
-  Pour compter de 10 en 10 à partir de 70, il compte 70,80,90, 100, 200, 300….

Pourtant à ce jour, nombreux sont ceux qui n’ont jamais entendu parlé de la dyscalculie. Pour le Pr Brian Butterworth, co-auteur de la publication dans la revue Science, la dyscalculie est un handicap aussi important que la dyslexie. L’état de Californie compterait autant d’enfants atteints que l’Angleterre et pourtant la maladie est totalement ignorée du ministère de la santé : le site internet du ministère n’offre aucune indication pour les enseignants ou les parents, “C’est comme si le gouvernement voulait nier son existence”, insiste le Pr Butterworth.

Comme la dyslexie, les enfants naissent avec la dyscalculie, qui pourrait être hérité de manière génétique, mais dont la localisation sur les gènes n’a pas encore été identifiée. Pour le Pr Diana Laurillard, autre Co auteur du travail, qui travaille à Londres “Ce n’est pas parce que la dyscalculie est un d’origine génétique, que rien ne peut être tenté. Comme pour la dyslexie, un enseignement adapté peut être utile. Dans notre institut d’éducation nous avons mis au point des logiciels destinés à aider les enfants atteint de dyscalculie”.

Les scientifiques savent maintenant ce qu’est la dyscalculie. Un des enjeux dorénavant est de coordonner les méthodes d’aide à l’apprentissage et d’évaluer les résultats permettant d’en réduire les conséquences sur les enfants qui en sont atteints.

En France, le site internet du ministère de l’éducation ne connait pas la “dyscalculie”. Combien d’enfants en sont atteints dans les écoles Françaises? Faudra t-il autant de temps pour la reconnaitre et la traiter que cela fut nécessaire pour la dyslexie?

Source

Dyscalculia: From Brain to Education
Brian Butterworth, Sashank Varma and Diana Laurillard
Science, 27 May 2011: Vol. 332 no. 6033 pp. 1049-1053

Crédit Photo Creative Commons by jimmiehomeschoolmom

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