samedi 3 décembre 2016

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80% des femmes battues vues aux urgences ne dénoncent pas leur bourreau et ne sont pas identifiées comme victimes

Selon une étude de l’université de Pennsylvanie, bien que 80% des femmes victimes de violences de la part d’un partenaire soient vus aux urgences d’un hôpital, 72% ne sont pas identifiées comme des victimes. Parmi celles qui le sont, rare sont celles à qui une aide est proposée.

Les services des urgences possèdent des protocoles de prises en charge des femmes victimes de violences conjugales. Les scientifiques ont voulu évaluer comment ces protocoles étaient réellement utilisés d’abord pour identifier les victimes et ensuite pour leur proposer une aide et un soutien efficace. Huit services d’urgence ont été évalués. Les comptes rendus de visites aux urgences de femmes battues ont été corrélés avec les rapports de police. Entre 1999 et 2002, 993 femmes victimes de violence domestiques ont fait l’objet de 3246 rapports de police. 80% de ces femmes se sont rendues aux services d’urgence des huit hôpitaux considérés dans l’étude.

Pourtant 72% n’ont jamais été identifiées comme victimes de violences domestiques par les médecins qui les ont examinés. Les femmes qui ont, le jour de leur venue aux urgences également porté plainte, les femmes amenées aux urgences par la police, les femmes présentant au moment de leur arrivée aux urgences des troubles mentaux ou des signes d’usages de stupéfiants ainsi que celles qui ont clairement expliqué les causes de leur état physique, étaient plus régulièrement identifiées comme victimes de violence conjugales.

Une fois identifiée comme victime, les hôpitaux ont mené les démarches légales nécessaires en remplissant les documents juridiques nécessaires dans 86% des cas, en appelant la police dans la moitié des cas ou en mettant la victime en contact avec une assistante sociale dans 45% des cas. Mais ils ne se sont enquis de la possibilité pour les victimes de se rendre dans un lieu où elles seraient en sécurité que pour un tiers des victimes identifiées et seulement 25% des victimes identifiées ont été confiée à un service d’aide aux victimes de violences conjugales.

Les auteurs concluent que ce travail montre que dans la très grande majorité des cas, lorsque les femmes victimes de violences conjugales se rendent dans un service d’urgence, elles restent non identifiées comme victimes et ne reçoivent pas l’aide nécessaire, qui pourtant existe.

Source

Intimate Partner Violence Identification and Response: Time for a Change in Strategy
Karin V. Rhodes, Catherine L. Kothari, Melissa Dichter, Catherine Cerulli, James Wiley, Steve Marcus
Journal of General Internal Medicine, 2011

Crédit Photo Creative Commons by Charlie P Clark

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