samedi 3 décembre 2016

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Vivre ou travailler à proximité des champs où sont utilisés les pesticides augmente de 75% le risque de maladie de Parkinson

Il a déjà été montré précédemment que les agriculteurs utilisants certains pesticides avaient un risque accru de développer une maladie de Parkinson.  Des scientifiques ont ensuite voulu étudier les répercutions sanitaires sur les familles vivants à proximité des champs où sont répandus des pesticides, en particulier un fungicide, le maneb, et un herbicide, le paraquat. Ils avaient retrouvé un accroissement de 75% des risques de maladie de parkinson chez ceux dont les maisons étaient situés dans un périmètre de 500 mètres autour des champs traités en comparaison avec des personnes vivant à des distances plus éloignées des champs traités.

Afin de compléter les études sur le sujet, les scientifiques ont cette fois étudié des professionnels comme des instituteurs, des pompiers…somme toute des professions non directement exposées aux risques, mais qui travaillaient à proximité des champs et zones agricoles comme des vergers où étaient répandu le Ziram. L’étude menée en Californie est publiée dans la revue European Journal of Epidemiology.

De 1998 à 2007, les auteurs ont recruté 362 personnes atteints de maladie de Parkinson et 341 personnes non atteintes, puis ont menée une enquête localisant les lieux d’habitation de chacun des participants (plusieurs domiciles en cas de déménagement). Ils ont également redessiné les zones d’épandages de pesticides. En recoupant les 2 informations, ils ont pu définir les exposition des chaque participants aux 3 persticides , le paraquat, le maneb et le ziram.

Ils ont une nouvelle fois constaté l’impact des pesticides : le risque de maladie de parkinson est multiplié par 3 (+300%) chez ceux travaillant à proximité de champs où du ziram et de paraquat étaient répandus.

Pour ceux exerçant leur profession non agricole à proximité de champs où du ziram et du paraquat étaient utilisés, l’augmentation du risque que maladie de Parkinson est de 80% : “Nos estimations montrent que le risque ambiant sur les lieux de travail apparaît dans notre étude encore plus élevé que l’expsosition au domicile ” explique le Dr. Beate Ritz, une des auteur de l’étude ; “Et bien-sur, les individus qui sont exposés et sur leur lieux de travail et à leur domicile, cumulent les risques”.

La paraquat est un pesticide herbicide, interdit en Union Européenne depuis 2007. Toutefois, en France, l’avis paru au Journal officiel du 4 août 2007 interdit la vente et l’utilisation du seul produit concerné : le R BIX, sans délais à la distribution, ni à l’utilisation des stocks existants.

Le ziram, est un fungicide, très utilisé dans la culture des fruits et des amandes.LE Maneb est également un fungicide.

Le docteur Beate Ritz constate donc que la combinaison des trois pesticides, Paraquat, Ziram et Maneb augmentent le risque de maladie de Parkinson; leur association est synergique entrainant plus de risque de maladie parkinson que l’addition  de chacun  individuellement. Ces résultats suggèrent que ces pesticides affectent différents mécanismes cellulaires qui contribuent à la mort des neurones dopaminergiques entrant dans le contrôle des mouvements, de la parole et d’autres fonctions motrices, faisant croitre considérablement le risque de maladie de Parkinson.

Ces études, en plus de prouver les implications des pesticide dans la dégérescence neuronale, suggèrent que la maladie apparaît de nombreuses années après l’exposition.

La paraquat est un pesticide herbicide, interdit en Union Européenne depuis 2007. Toutefois, en France, l’avis paru au Journal officiel du 4 août 2007 interdit la vente et l’utilisation du seul produit concerné : le R BIX, sans délais à la distribution, ni à l’utilisation des stocks existants.

Le ziram, est un fungicide, très utilisé dans la culture des fruits et des amandes. Le Maneb est également un fungicide.


Source

Parkinson’s disease risk from ambient exposure to pesticides
Anthony Wang, Sadie Costello, Myles Cockburn, Xinbo Zhang, Jeff Bronstein, Beate Ritz
European Journal of Epidemiology, 2011

Crédit Photo Creative Commons by doug88888

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