mardi 27 septembre 2016

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Mieux vaux faire des régimes yoyo que rester obèse, au moins quand on est une souris

 

 

Faire un régime n’est pas simple et il est maintenant reproché aux régimes de n’être efficaces qu’un temps donné avec par la suite, dès que la restriction alimentaire se réduit, de favoriser une reprise de poids. C’est ce que l’on appelle le régime Yoyo, par ce que le poids descend, puis remonte, puis descend puis remonte. Des millions de personnes obèses ou en surcharge pondérale font des régimes pour abaisser leur poids. Certains reprennent du poids par la suite, mais cela peut s’étaler sur plusieurs années. Cependant, certains experts reprochent aux régimes yoyo de mettre en danger la santé des patients. Vaut-il mieux rester à son poids initial, fut-il trop élevé que subir les désagrements d’un régime yoyo. Aucune étude chez l’homme ne répond pour l’instant à cette question. C’est pourquoi cette nouvelle étude de l’université de l’Ohio, présentée au congrès annuel de la société d’endocrinologie de Boston, peut-être intéressante à considérer. Les scientifiques de l’université de l’Ohio ont suivi deux groupes de souris. Le premier groupe de souris passaient d’un régime riche en graisse à un régime pauvre en graisse par séquences de 4 semaines et ce processus était répété indéfiniment. L’autre groupe de souris restait en surpoids de manière constante avec un régime riche en graisse permanent.

Les souris qui grossissaeint puis maigrissaient, grossissaient puis maigrissaient, reproduisant ainsi un yoyo pondéral pendant approximativement leurs deux années de vie, ont en fait bénéficié d’une vie plus longue de près de 25% en comparaison aux souris qui s’alimentaient d’un régime riche en graisse permanent. En plus, ces souris yoyo qui grosissaient puis maigrissaient, avaient un meilleur taux de glucose sanguin, un marqueur du risque de diabète, que les souris restant obèses.

“Si l’attitude conventionnele actuelle est vrai (de critiquer les régimes-ndlr) elle va décourager les patients obèses de faire des régimes” explique l’auteur principal de l’étude, Edward List, chercheur à l’institut Edison de biotechnology de l’université ; “Cette nouvelle étude montre que le simple fait de gagner et de perdre du poids n’altère pas la survie”.

Plusieurs millions de personnes sont concidérées come obèse ou en surcharge pondérale. Et alors que nombre d’entre elles font des régimes, peu arrivent à conserver cette perte de poids sans que les raisons en soient clairement définies : retour à une alimentation délétère ou effet du régime?

Dans une étude précédente, la même équipe de chercheurs avait étudié 30 souris suivant 3 types de régimes différents sur toute leur durée de vie, soit environ pendant 2 ans. Celles qui suivaient un régime riche en graisses mangeaient plus, grossissaient plus, avaient une quantité de graisses corporelles plus importante et une glycémie sanguine plus élevée. Elles devenaient intolérantes au glucose ou prédiabétiques.

Pendant l’étude sur le régime yoyo, si l’état de santé des souris déclinaient, au cours des périodes de repas riches en graisses, leur poids et leur glycémie sanguine revenaient à la normale pendant les phases de régime pauvres en graisses.

Ces souris ont vécu en moyenne 2,04 années alors que les souris sous  alimentation riche en graisse pendant toute leur vie, ne vécurent que 1,5 années en moyenne. Un groupe de souris alimenté normalement et servant de groupe contrôle a vécu lui 2,09 annéses, soit aussi longtemps que les souris faisant les régimes yoyo.

Selon les scientifiques, ces souris sont un bon modèle d’étude pour l’obésité, et pour suivre l’impact des choix diététiques, du fait de la durée relativement brève de leur vie.

“Cette étude apporte des éléments de compréhension des bénéfices de la perte de poids”, dit encore List, “J’espère que ces résultats vont encourager les gens à ne pas perdre courage”.

L’équipe de scientifiques a déjà prévu de poursuivre leurs études sur les souris, avec une population plus importante. Un autre point qu’ils vont investiguer chez les souris qui suivent un régime yoyo, c’est la réduction du niveau des cytokines, un marqueur de l’inflammation. Des taux élevés de cytokines sont liés à une inflammation plus élevée qui s’associe à différentes pathologies telles que les cancers, le diabète et les maladies cardiovasculaires.

Source

Yo-yo dieting vs. obesity? Dieters may be healthier, live longer, study finds
Edward List & al
Annual meeting of the Endocrine Society in BostonJune 6, 2011

Crédit Photo Creative Commons by www.charlietphoto.com

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