samedi 3 décembre 2016

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Fumer même brièvement favorise la survenue d’une maladie artérielle des membres inférieurs chez la femme jeune

Une étude menée chez des femmes jeunes de 45 ans sans pathologie cardiovasculaire, démontre que le tabagisme est un véritable facteur de risque de maladie artérielle périphérique, une atteinte des artères des membres inférieurs causant douleurs, fatigue à la marche et réduisant les capacités de mobilité.

L’atteinte artérielle des membres inférieurs est une pathologie débilitante, altérant la durée de marche et d’efforts, du fait d’une réduction du calibre des artères qui apportent le sang aux muscles des membres inférieurs. Mise à part un traitement chirurgical par pontages, uniquement partiellement efficace, cette pathologie n’a pas de traitement. Il est connu depuis longtemps qu’un tabagisme prolongé provoque cette altération artérielle qui souvent précède d’ailleurs une atteinte des artères du coeur, les artères coronaires.

Les scientifiques ont suivi dans cette étude  38 825 femmes sur une durée de 12,7 années  afin de déterminer l’impact du tabagisme sur la survenue d’artériopathie des membres inférieurs. Les femmes participant à l’étude ont fait état de leurs habitudes tabagiques passées et actuelles, puis remplissaient un formulaire de manière périodique, deux fois par an, tout au long de l’étude, afin de dire où elles en étaient de leur tabagisme. Elles établissaient également la survenue des symptômes de l’artériopathie des membres inférieurs.

Les scientifiques démontrent que le tabagisme multiplie par 10 le risque d’artériopathie oblitérante des membres inférieurs.

Les femmes ont été divisées en 4 groupes, les non fumeuses, les anciennes fumeuses, les fumeuses de moins de 15 cigarettes/jour, et les fumeuses de plus de 15 cigarettes par jour. Le nombre de femmes touchées ayant développé une artériopathie oblitérante des membres inférieurs était respectivement dans les différents groupes de 12/1000, 34/1000, 95/1000 et 163/1000 par an. Ainsi en comparaison aux femmes n’ayant jamais fumé, les anciennes fumeuses ont un risque multiplié par 3 : l’arrêt du tabac, même après des années, ne réduisait pas le risque d’artériopathie au niveau des non fumeuses.

Les fumeuses, fumant actuellement moins de 15 cigarettes par jour ont un  risque multiplié par 9 par rapport aux non fumeuses et les fumeuses de plus de 15 cigarettes par jour, un risque multiplié par 17. L’effet est donc dose dépendant : plus le tabagisme quotidien est important, plus le risque augmente.

Cette pathologie, non seulement provoque une altération de la qualité de vie rendant les mouvements et les déplacements de plus en plus difficiles et douloureux, mais en plus expose ces femmes à un risque accru de maladies cardiovasculaires et d’accidents vasculaires cérébraux.

Source

Smoking, Smoking Status, and Risk for Symptomatic Peripheral Artery Disease in Women: A Cohort Study
David Conen, Brendan M. Everett, Tobias Kurth, Mark A. Creager, Julie E. Buring, Paul M. Ridker, Aruna D. Pradhan
Annals of Internal Medicine, 2011; 154: 719-726

Crédit Photo Creative Commons by JavierPsilocybin

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