lundi 5 décembre 2016

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Les “pratiques non médicamenteuses” auraient-elles le vent en poupe?

Sans réécrire les dizaines d’années d’errances politiques ayant mené la médecine française et la qualité des soins prodigués aux français au niveau minimaliste que nous connaissons aujourd’hui, nous ne pouvons faire autrement que dresser le constat de l’échec total des politiques et de l’administration à gérer la santé des français : désertification médicale, insuffisances de médecins et d’infirmières, baisse des remboursements des soins, temps d’attente dans les hôpitaux, insuffisances dramatiques du parc d’appareils d’imageries médicales (un des plus faible d’Europe par habitants), vétusté des hôpitaux, incapacité totale des autorités sanitaires à faire face à leurs responsabilités et à gérer les crises (Chikungunia à la Réunion, pollution à la Chlordécone dans les Antilles, sang contaminé, intoxication à l’Amiante, Grippe H1N1…), incapacité à soutenir les plus faibles (autisme, malades psychiatriques, Alzheimer)…et nous en oublions.

Et alors que de nombreux médicaments sont tour à tour retirés du marché, ne sachant probablement plus que proposer aux français, la Haute Autorité de Santé ne retourne vers les pratiques non médicamenteuses qui n’avaient jusqu’alors que très peu bénéficié de son intérêt, parfois même de ses critiques dans un récent rapport mettant en avant l’inutilité voire la dangerosité des régimes. La HAS retourne donc prudemment sa veste. Voici peut-être enfin une bonne initiative qui sera néanmoins difficile à mettre en oeuvre. Mais qu’appelle t-on les pratiques non médicamenteuses? Pour la HAS, il s’agit :

– Des règles hygiéno-diététiques : régimes diététiques, activités physiques et sportives, modifications des comportements alimentaires, règles d’hygiène,
–  Des traitements psychologique : thérapies d’inspiration analytique, thérapies cognitivo-comportementales,
– Des thérapeutiques physique : techniques de rééducation, kinésithérapie, ergothérapie, etc.

Toutefois, nous sommes ici face à une Administration qui s’empresse de préciser dans son rapport “il n’est pas question ici de favoriser, par principe, la substitution des prescriptions médicamenteuses par celles de thérapeutiques non médicamenteuses“(…) mais “d’étudier dans quelle mesure les caractéristiques du système de santé français actuel incitent les médecins à recourir aux prescriptions médicamenteuses et, parallèlement, rendent plus difficile la prescription de thérapeutiques non médicamenteuses”. Le rapport proposé aujourd’hui par la HAS est le fruit de travail d’experts “un groupe de travail qui s’est réuni à la HAS durant deux journées de travail en 2009“, et d’un comité de relecture “un groupe de lecture chargé de donner son avis sur le fond et la forme du rapport en répondant à un questionnaire comprenant 77 questions”. Nous sommes en juin 2011. Personne ne peut douter que ce rapport va donc probablement être à la source d’un bouleversement scientifique des pratiques non médicamenteuses en France…

Le constat semble clair :

1) la prescription de thérapeutiques non médicamenteuses est insuffisante par rapport à ce que préconisent les autorités scientifiques et les agences sanitaires.
2) La prescription médicamenteuse dispose d’un rôle symbolique autour duquel s’organise traditionnellement la consultation au détriment du développement de la prescription de thérapeutiques non médicamenteuses qui ne dispose pas du même statut.
3) Un paiement à l’acte ne prenant pas en compte le temps consacré à la consultation, est peu propice au développement de la prescription de thérapeutiques non médicamenteuses. Par le biais des contraintes et des incitations économiques qu’il suscite, il n’encourage pas les médecins à prescrire ces thérapeutiques
4) La structure de l’offre en matière de thérapeutiques non médicamenteuses est particulièrement hétérogène (donc fréquemment inexistante en de nombreux endroits).
5) Le coût reste le plus souvent à charge des patients.

Les solutions préconisées (en langage administratif bien sûr):

Pour favoriser une évolution du système de santé, des voies d’amélioration ont été identifiées. Elles s’organisent autour de quatre axes :
1) améliorer le cadre économique et organisationnel
2) améliorer l’information des professionnels de santé et des patients sur les thérapeutiques non médicamenteuses
3) améliorer l’adhésion des professionnels de santé aux recommandations sur les thérapeutiques non médicamenteuses
4) améliorer l’accès à l’offre en matière de thérapeutiques non médicamenteuses

En bref, il faut tout améliorer. Aller, pour aider nos fonctionnaires de la HAS qui ont mis deux ans à synthétiser 2 jours de réunion d’experts, nous leur proposons de copier quelques idées venues d’outre atlantique comme le régime DASH, crééa par les autorités sanitaires américaines pour lutter contre l’hypertension artérielle et qui rencontre un grand succès auprès des patients (voir article Docbuzz) qui peuvent, lorsqu’ils en ont la volonté, se prendre en charge eux-mêmes. En plus, ce régime dispose déjà d’études cliniques et d’une évaluation de son rapport bénéfice risque, autant de temps et d’argent de gagné.

Source

Développement de la prescription de thérapeutiques non médicamenteuses validées
Haute Autorité de Santé
Juin 2011

 

Crédit Photo Creative Comons by Markusram

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