jeudi 29 septembre 2016

Docbuzz

Retrouvez Docbuzz sur Twitter

Docbuzz est aussi sur Facebook

Traitement des verrues plantaires : cryothérapie ou acide salicylique?

La survenue de verrues plantaires est une pathologie extrêmement répandue : on estime que 0,84% de la population américaine est touchée, mais 4,7% de la population anglaise et 24% des 16 -18 ans en Australie ont des verrues plantaires. Même si la plupart du temps ces verrues disparaitront d’elles-mêmes, nombreux sont les patients utilisant des traitements, parfois pour des raisons de conforts. Parmi les traitements possibles, on retrouve la cryothérapie, le curetage chirurgical, l’application de topiques ou d’autres alternatives thérapeutiques. Les deux plus utilisées sont la cryothérapie et l’application de crème comportant de l’acide salicylique (l’aspirine) dosée à 50%.

Toutefois, une revue de la littérature médicale ne permet pas de dire si l’un des traitements est meilleur que l’autre. L’acide salicylique semble cependant plus efficace quand elle est comparée à un placebo (73% contre 48%). Une étude menée aux Pays bas avait récemment retrouvé une efficacité meilleure de la cryothérapie comparée à l’acide salicylique pour les verrues des mains mais pas des pieds. Face à cette absence de démonstration claire, une équipe de scientifiques anglais a décidé de menée une étude afin de comparer dans des conditions scientifiques valables les deux traitements.

Les patients inclus dans l’étude ont donc reçu soit un traitement par cryothérapie, appliqué par un professionnel de santé, au maximum à 4 reprises à 2 ou 3 semaines d’intervalle, à l’aide d’un spray, soit un traitement OTC sous forme de pommade à appliquer soi-même : un professionnel de santé expliquait aux patients comment fixer le sparadrap comportant un trou laissant saillir la verrue et permettant l’application précise de la pommade suivi de la pose d’un plastique entourant l’ensemble. Le traitement dans son ensemble était répété tous les jours pour une durée maximale de 8 semaines. 117 patients reçurent un traitement par cryothérapie, 123 un traitement par acide salicylique. La moyenne d’âge des patients était de 30 ans.

L’objectif défini de l’étude était la complète disparition de la lésion après 12 semaines avec réapparition de la peau normale (confirmée par des photographies).

A la fin de l’étude, après 12 semaine, 209 patients ont obtenus une réponse au traitement : cependant seulement 32 patients (14%) ont bénéficié d’une disparition complète des verrues correspondant à 17 patients ayant reçu de l’acide salicylique et 15 patients ayant eu une cryothérapie, sans différence d’efficacité entre les deux traitements. Les patients devant appliquer l’acide salicylique l’avaient fait en moyenne 6,3 jours la première semaine et 5,4 jours la seconde semaine.

Le nombre de verrues présentes sur les pieds au début de l’étude n’entraine pas de variation d’efficacité. Aucun des deux traitements n’agit plus vite que l’autre non plus.

En termes d’effet secondaires, une rupture du talon d’Achille a été enregistrée dans le groupe traité par l’acide salicylique. 27 autres effets secondaires non sérieux ont été enregistrés chez 19 participants, 13 dans le groupe acide salicylique et 14 dans le groupe cryothérapie. Toutefois le coût de la cryothérapie est bien plus élevé et nécessite le payement de consultations médicales. A noter que la pommade à acide salicylique utilisait un dosage à 50%, alors que de nombreuses pommades vendues en pharmacie ne sont dosées qu’à 15% ou 26%.

Conclusion : les deux traitements, acide salicylique dosée à 50% et cryothérapie sont aussi efficace l’un que l’autre à 12 semaine pour faire disparaitre les verrues plantaires : cette efficacité reste modeste, ne débarrassant de la totalité des verrues que 14% des patients. En revanche la cryothérapie est beaucoup plus couteuse que la pommade d’acide salicylique dosée à 50 % qui pourra donc être préférée, le nombre d’effets secondaires étant comparables pour les deux traitements.

Source

Cryotherapy versus salicylic acid for the treatment of plantar warts (verrucae): a randomised controlled trial
Sarah Cockayne,  Catherine Hewitt, Kate Hicks, Shalmini Jayakody, Arthur Ricky Kang’ombe, Eugena Stamuli, Gwen Turner, Kim Thomas, Mike Curran, ,Gary Denby,Farina Hashmi, Caroline McIntosh, Nichola McLarnon, David Torgerson, Ian Watt on behalf of the EVerT Team
BMJ 2011;342:d3271

CRédit Photo Creaticve COmmons by Jenny Lee Silver

 

Articles sur le même sujet