dimanche 21 décembre 2014

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13% des 10-18 ans se font vomir pour perdre du poids : que faire?

Dès 10 ans, des enfants se font vomir pour perdre du poids et le problème est plus important encore chez les garçons que chez les filles selon une étude réalisée chez 16 000 enfants et publiée dans la revue médicale Journal of Clinical Nursing. Cette découverte démontre que se faire vomir est un signal fort et précoce chez de très nombreux enfants qui pourraient par la suite développer des désordre alimentaires et des troubles psychologiques tels que la boulimie ou l’anorexie.

L’étude a été lancée par le ministère de l’éducation nationale, à Taiwan, un pays industrialisé d’Asie où la population en particulier jeune est soumise aux mêmes tentations et incitations alimentaires que nos sociétés occidentales. 120 écoles ont participé à l’étude. 8 673 filles et 7043 garçons âgés de 10 à 18 ans ont été inclus. Le contexte est celui que tous nos pays connaissent : sur les dernières dizaines d’années, le nombre d’obèses parmi les enfants a triplé à Taiwan et le ministère de la santé essaye de mieux en comprendre les implications sur leur santé, en particulier par une détection précoce de troubles psycho alimentaires comme le fait de s’auto infliger des vomissements. Cette étude s’inscrit dans un contexte plus large sur la croissance et la santé des enfants qui souhaitent perdre du poids.

Parmi les 16 000 enfants ayant témoigné, 13% des 8673 filles et 7043 garçons disent se faire vomir pour perdre du poids. Mais les chiffres sont encore plus dérangeant chez les plus jeunes puisque 16% des 10-12 ans et 15% des 13-15 ans se font vomir pour maigrir. On tombe à 8% pour les 16-18 ans. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce ne sont pas les filles les plus touchées, mais les garçons avec 16% des garçons et 10% des filles reconnaissant avoir recours aux vomissements pour perdre du poids.

Lorsque les raisons sont recherchées, l’étude montre que se faire vomir est d’autant plus répandue chez les enfants qu’ils mènent une vie sédentaire (regarder la TV, rester face à un ordinateur…), dormaient peu et mangeaient mal. Par exemple, 21% des enfants qui se faisaient vomir mangeaient de la nourriture frit tous les jours, 19% mangeaient des déserts tous les jours, 18% mangeaient un snack juste avant d’aller se coucher, et 18% passaient plus de 2 heures par jour face à un ordinateur.

Ces maux de nos sociétés qui dorénavant touchent de plein fouet les enfants ne peuvent plus être ignorés : en 2010, une étude américaine du Centers for Disease Control and Prevention, avait retrouvé que 4% des enfants scolarisés se faisaient vomir ou avaient pris des laxatifs dans les 30 derniers jours. Ces pratiques touchent-elles uniquement les enfants obèses? Pas du tout! Dans l’étude Taïwanaise, 18% des enfants ayant un poids inférieur à la normale utilisent les vomissements pour le contrôler, contre 17% des enfants obèses, 14% des enfants en surcharge pondérale, et 12% des enfants ayant un poids normal.

Les facteurs de risque retrouvés par l’étude sont éloquents : le temps passé face à un écran d’ordinateur, activité sédentaire, accroit l’utilisation des vomissements pour se faire maigrir de 55%, manger de la nourriture frit l’accroit de 110%, manger juste avant d’aller se coucher de 51%. En revanche, dormir plus de 8 heures et prendre un petit déjeuner apparaissent comme des éléments protecteurs pour l’enfant.

Ainsi, un retour à des éléments fondamentaux du développement des enfants comme dormir suffisamment, prendre un petit déjeuner correct, manger équilibré en évitant en particulier la Junk Food, les fast-food et la nourriture frit sont autant d’éléments qui pourraient les protéger de cette pratique du vomissement, inaugurale de potentiels troubles psychologiques bien plus graves.

“Notre étude montre que les enfants dès 10 ans sont sensibles à leur poids et cherchent à le contrôler, mais pour cela utilisent les vomissements” conclue le Dr Liou, auteur de l’étude : “Cela renforce la nécessité d’une campagne de santé publique qui explique les effets dangereux de se faire vomir et propose des alternatives pour prendre en charge son poids de manière responsable” : Un sommeil d’au moins 8 heures, moins de temps devant un ordinateur ou une télévision, moins de nourriture grasse sont les points de départ.

Source

Prevalence and correlates of self-induced vomiting as weight-control strategy among adolescents in Taiwan
Yiing Mei Liou, Ya-Wen Hsu, Jow-Fei Ho, Che-Hung Lin, Wen-Yen Hsu, Tsan-Hon Liou
Journal of Clinical Nursing, 2011

Crédit Photo Creative Commons by habacuc_1988


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